Ce blog est né avec l’intention d’être un espace dans lequel les entités sociales et les professionnels de l’insertion professionnelle puissent partager leurs expériences, accéder à des ressources utiles pour l’exercice de leur activités et établir un dialogue qui permet la conception conjointe de solutions visant à réduire l’injustice sociale par l’accès à un emploi digne par les personnes en situation d’exclusion sociale. Il est dynamisé par le réseau d’entités sociales du Programme Incorporer de « la Caixa » (www.incorpora.org).


Si vous désirez participer par la publication de votre expérience ou exposer une problématique, vous pouvez nous contacter par mail à l’adresse électronique suivante : incorporer@gmail.com .

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mardi 27 mai 2014

Pour une cellule d’accueil et d’orientation des ex-détenu

On dit qu’une peine de prison implique la privation de liberté, mais en réalité dans le monde de la personne elle va au-delà de la privation de liberté ; la coupure entre un avant stable, rassurant mais oppressant et un après déstructuré mais ouvert, ne semble pas valide. Etre marginal c’est être à la marge de ce qui fait une société, à savoir ses lois, ses marges, ses coutumes, ses manières d’être. Il faut noter qu‘une personne qui sort d’une prison ne jouit pas d’un statut spécifique faisant d’elle un public cible particulier ; à part le fait de les inscrire dans le cadre des personnes vulnérables, aucune solution pour subvenir à ses besoins. De ce fait, elle s’inscrit automatiquement dans la catégorie des personnes exclues. Fragilisée, voire marginalisée, demandeuse d’emploi difficile à placer, elle fait partie du public visé par l’insertion socioprofessionnelle.

C’est dans cette perspective que notre association Relais : prison-société a mis à la disposition de cette population trois ateliers de formation sur la réparation du matériel électroménager, la réparation du matériel informatique, et au métier d’agent de sécurité. L’accompagnent social et le renforcement des capacités à travers les focus groupe ou les entretiens individuels pour multiplier les chances d’intégration à travers l’emploi, ne semblent pas trop intéresser les bénéficiaires. Beaucoup des inscris aux ateliers de formation ou des focus groupe s’absentent ou délaissent la formation. La mise en place des ateliers de formation (qualifiante ou non) connait de nombreux obstacles. Les représentations des formations renvoient à l’école, à la scolarité qui est pour la plupart d’entre eux vouée à l’échec. Selon l’expérience de l’association, tant à travers ses activités au sein de la prison qu’à travers l’accueil des ex-détenus, la population détenue est gravement sous scolarisée. Il va de soi que l’enseignement n’est pas leur souhait. 

Ces derniers réclament un soutien financier ou un emploi rémunéré dès les premiers entretiens.

La gestion du temps et de l’espace, instruments pour l’institutionnalisation d’un espace d’appartenance légitime, est un souci majeur pour l’ex-détenu. Si aujourd’hui fréquenter le quartier peut être vécu comme un moyen d’entretenir le sentiment de son utilité, ainsi qu’une estime de soi remise en cause par la cessation de toute activité professionnelle et la destruction des repères habituels du temps et de l’espace, elle le place aussi devant une contradiction. En effet, son absence marque une distance vis-à-vis de ses amis du quartier, de sa famille, de son espace habituel, au point qu’avant, il ne fréquentait personne et aujourd’hui, il est à la recherche de la vie communautaire qui se passe devant lui comme un mode de vie supérieur parce que c’est communautaire. 

Cette nouvelle attitude vis-à-vis du nouveau mode de vie dans cet espace semble se révéler une caractéristique essentielle de sa vie. Tout se passe comme si les dispositions individuelles, que ce dernier a longtemps cultivé dans son égarement en marge de sa communauté, l’avaient conduit à faire sien un mode de vie caractérisé par une grande distribution des rôles, à chacun sa place dans l’espace social. La durée de son emprisonnement pour la rééducation et la correction n’est déterminée ni dans le temps ni dans l’espace ; elle se poursuit après la libération. Une deuxième chance, n’est qu’un rêve tant souhaité et par lui et par les siens, pendant sa véritable épreuve dans l’isolement. Regard méfiant de la communauté, blocage juridique qui ne lui permet pas d’avoir la réhabilitation. Fiche anthropométrique toujours salie par ce passé. Véritable handicap vers un emploi Digne et stable.

N’ayant bénéficié d’aucun soutien pour le motiver à ce projeter dans l’avenir avec un projet de vie pour sa sortie ; libéré sans aucun plan de réinsertion sociale ou professionnelle et aucun accompagnement psychologique, l’ex-détenu est livré à lui-même, à sa volonté personnelle qui se heurte à de sérieux problèmes et à de vrais obstacles liés à cette volonté personnelle trop fragilisée par un parcours de vie tellement perturbé pour que la personne devienne forte et déterminée.

Il y a d’abord, le besoin d’un budget quotidien, ne serait ce que pour le déplacement de l’ex-détenu vers les focus groupe ou vers les ateliers de formation ou pour la recherche du travail, dans le cas où il est pris en charge par la famille. Le cas échéant, il doit nourrir sa famille, ses enfants … Il est redevable envers les siens de l’avoir pris en charge pendant son emprisonnement.

Mais, son faible niveau de qualification, son expérience professionnelle réduite, le vécu d’exclusion et la saturation du marché du travail, laissent peu de chance devant l’obtention d’un emploi dès la sortie de prison. Les pistes possibles sont l’orientation vers des stages de détermination des performations ou des formations.

Il y a urgence d’une cellule d’accueil d’orientation et de conseil dans les communes, au sein des associations de quartiers et dans les communes, adoptant une démarche socio-pédagogique qui consiste à amener les ex-détenus à entrevoir des alternatives non classiques, d’avantage motivantes, dans la mesure où les formation se font dans l’action, au sein des entreprises, rémunérés, ou dans des activités génératrices de revenues individuelles. Ainsi, le bénéficiaire baigne dans la communauté sans faire attention au regard de l’autre. Il est jugé avec des critères d’apprentissage et de savoir au quotidien et non d’après ses antécédents.


               Par Mme Fatna El Bouih.

jeudi 22 août 2013

L’ACCOMPAGNEMENT DANS L’INSERTION SOCIOPROFESSIONNELLE : UNE RELATION QUI AIDE

L’ACCOMPAGNEMENT DANS L’INSERTION SOCIOPROFESSIONNELLE : 
UNE RELATION QUI AIDE



Permettez moi chers collègues de partager avec vous cette petite réflexion sur l'accompagnement à l'insertion socioprofessionnelle.

"L'accompagnement constitue une liaison entre la société et le chômeur. De par la qualité de la relation, le chômeur vit une expérience qui lui permet de redéfinir ses rapports sociaux. Ainsi l’accompagnateur est la personne qui représente symboliquement,un membre de la société qui invite le chômeur à se ré-inclure dans la société qui l'a exclu. Cette invitation véhiculée par un rapport relationnel de qualité humaine vise à éveiller un sentiment, peut être oublié, d'affiliation à la société normative."

Lucie LAMARCHE, doctorante en orientation
Université de Sherbrooke
ci après le lien à faire partager: 


Bonne réflexion.


lundi 11 mars 2013

Bulletin Alwasl 45

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Le bulletin Jissr Alwasl plonge ce mois-ci dans le sujet de l’insertion professionnelle. Les expériences de plusieurs associations membres du réseau Incorporer à Tanger et Casablanca sont y expliquées :

Sommaire:

Opinions
Promotion de l’emploi auMaroc - Une réflexion sur une stratégie modèle.

Expérience
L’économie sociale, un levier du développement local.
Association - Entreprise, Modèle de partenariat à encourager.

Formation professionnelle
100% mamans: Formation au profit des mamans célibataires.
Entreprise, association et administration; tous pour une seule cause.

Gestion administrative et financière
Code du travail au Maroc: Procédure d’embauche des salariés étrangers.

Evènements
Mostazoom, une délégation Tangéroise à Mostaghanem.

Vous pouvez accéder au document complet sur le lien :


Lien permanent  au bulletin : http://tanjazoom.com/jissralwasl/

Bonne lecture!

mardi 18 décembre 2012

La crise des prisons, une responsabilité partagée


Le Conseil national des droits de l’Homme a présenté dans une conférence de presse, tenue le mardi 30 octobre en son siège, son rapport thématique sur la situation dans les prisons et des prisonniers intitulé, ‘ la crise des prisons, une responsabilité partagée : 100 recommandations pour la protection des droits des détenu-e-s’.

Vous pouvez lire et télécharger le rapport dans le lien 



mercredi 5 décembre 2012

Le Maroc des mères célibataires


 
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Entre 2003 et 2010, 500 000 enfants ont né au Maroc hors mariage.

L'association Insaf  a publié en 2010 l'étude diagnostique "Le Maroc des mèrescélibataires", qui analyse en profondeur la problématique de ces femmes et ses enfants. Vous pouvez accéder à l’étude complète dans ce lien:  

https://docs.google.com/open?id=0B1b_od3If8o5Wk9hOHJtYnNldVE


lundi 15 octobre 2012

Exclusion Sociale et Toxicomanie Quelle approche et Quelle démarche pour la Reconstruction du projet de vie ? (Auteur: ASSCMPH)


L’exclusion sociale

L’exclusion sociale peut se définir comme une rupture du lien social. C’est un phénomène social qui relève des difficultés d’intégration des individus à la société, et qui se caractérise par la perte de la place sociale, l'absence d'un rôle social, et la défaillance des liens sociaux. 
L’exclusion sociale peut ainsi être définie comme la conjonction d’un manque de ressources économiques, d’un isolement social et d’un accès limité aux droits sociaux et civiques. Il s’agit d’un concept relatif au sein de toute société déterminée qui représente une accumulation progressive de facteurs sociaux et économiques au cours du temps. Les facteurs qui peuvent contribuer à l’exclusion sociale sont des difficultés liées au niveau d’emploi, d’éducation et de vie, à la santé, à la nationalité, à l’abus de drogue, aux différences entre les sexes et à la violence.
L’usage de drogue peut être considéré soit comme une conséquence, soit comme une cause d’exclusion sociale. La consommation de drogue peut entraîner une détérioration des conditions de vie, mais d’un autre côté, les processus de marginalisation sociale peuvent constituer une raison pour commencer à se droguer. Néanmoins, la relation entre la toxicomanie et l’exclusion sociale n’est pas une relation causale, car l’exclusion sociale «ne s’applique pas à tous les consommateurs de drogue»

La toxicomanie est l'utilisation de substances qualifiées de psychotropes (action sur le psychisme au sens large) susceptibles d’entraîner un phénomène de tolérance (tolérer ce que l’organisme devrait rejeter) et d’accoutumance. L’accoutumance est un phénomène qui s’installe progressivement dans l’organisme, et se traduit par la nécessité d’augmenter les doses de la drogue que le toxicomane consomme, pour en obtenir l’effet habituel. Ces troubles surviennent rapidement et se traduisent par l’utilisation abusive de certaines substances comme : le cannabis, les amphétamines, les hallucinogènes, la cocaïne, les solvants, l’alcool…

Relation entre l’exclusion sociale et l’usage de drogues :
On dispose de davantage de données sur la situation sociale de la population sous traitement. Les facteurs socio-économiques liés à l’usage de drogue sont les suivants: un faible niveau d’étude, une sortie précoce du système scolaire et un abandon précoce de la scolarité, le chômage, un faible rémunération et un travail difficile; de faible revenus et l’endettement, la précarité du logement et la situation de sans-abri, la mortalité et les maladies liées à la drogue, un accès réduit aux soins, et la stigmatisation sociale.

On note des différences importantes dans la situation sociale des consommateurs de drogue en fonction de la substance et des modèles de consommation de drogues, les situations sociales les plus difficiles sont relevées chez les héroïnomanes et les usagers d’opiacés ainsi que les toxicomanes chroniques.

Approche de l’association de soutien au centre médicopsychologique Hasnouna (ASSCMPH)
Vue comme initiative et un repositionnement réfléchis, l’association de soutien au centre médicopsychologique Hasnouna (ASSCMPH) s’est investit depuis sa création dans la lutte contre l’usage de drogue dans la ville de Tanger. L’association articule son action d’appui à la communauté des usagers de drogues en différenciant deux cibles:
- Les usagers qui viennent à l’association pour soutenir son projet d’abstinence. En plus  du travail de sensibilisation et de prévention pour préserver l’intégrité et la santé du patient, l’enjeu est de faire ressortir la motivation pour le changement de comportement de consommation. Dans un deuxième temps, il est question de procéder à une communication engageante, permettant à l’usager de pouvoir constituer une volonté solide d’arrêt de consommation sur la base des nouvelles connaissances et croyances relatives à l’usage de drogue. Ce travaille est renforcé par une prise en  charge des besoins élémentaires dans l’unité fixe de l’association
- Les usagers sous traitement méthadone, où l’enjeu  est de pouvoir reconstituer  le projet de vie individuel. A ce niveau l’approche de l’association se base sur la combinaison de trois niveaux d’action :
Une action préventive et de sorte pour assurer  une meilleure observance au traitement.
- Une action de soutien psychosocial qui elle-même se constitue de trois actions qui se complètent :
§  La thérapie psychologique pour soutenir cette transition si difficile et appuyer le changement de perception et de représentation sur soi. 
§  Médiation pour mobiliser l’environnement familial  et des proches dans le projet de vie individuel.
§  Education et soutien au développement personnel par une dynamique d’entraide  communautaire.
-  Une action d’inclusion socioéconomique par :
§  Une aide à la recherche d’emploi.
§  Formation  professionnelle  et renforcement d’employabilité.
§  Initiative de mise en place d’activité génératrice de revenus (AGR).

lundi 18 juin 2012

Enjeux majeurs du processus de réinsertion. Le processus de réinsertion des ex détenus démarre en prison. (Auteur: Association Relais)

L’institution qui a en charge l’exécution des peines au Maroc porte le nom de la « « Direction de l'Administration pénitentiaire et de la réinsertion ». Il est important de  souligner, en premier lieu,  l’amalgame que suscite cette appellation, puisque cette « Direction » se  charge en réalité de la préparation à la réinsertion, et non de la réinsertion elle-même ; en effet, sa mission s’arrête aux portes des prisons et la véritable tâche de la réinsertion requière des structures d’accueil de détenus sortants et de leur accompagnement dans le projet de réconciliation avec leur environnement social. Ceci dit,  il reste néanmoins vrai que la réinsertion perçue comme une politique de resocialisation fait son premier pas en prison par la modernisation et l’humanisation du système carcéral, passe par le renforcement de la prévention en milieu carcéral, le déploiement d’actions et de dispositifs de préparation à la sortie, et se relaye par un travail post carcéral basé sur la facilitation de l’insertion dans la vie sociale et la mise en place de structures/relais orientés vers l’insertion.

En principe, dans cette phase préliminaire (en amont du processus de la réinsertion), l’Administration pénitentiaire devrait  mettre davantage l'emphase sur les considérations de traitement plutôt que sur la sécurité et le contrôle social ; malheureusement, la traditionnelle fonction sécuritaire de la prison, qui fait appel à sa plus grande étanchéité, reste toujours de mise.

La conséquence majeure de cet amalgame entretenu et de ce double langage, est que la grande majorité des surveillants/éducateurs subissent le poids de l’écart entre les attentes affichées dans les rôles prescrits, d’un coté, et les tâches requises par les rôles tenus réellement. La présence simultanée d’ambiguïté et de conflit de rôles reflète un problème d’orientation de l’organisation quant à ses objectifs fondamentaux. Ils doivent participer à l’éducation des détenus, mais ils sont souvent confinés aux tâches de sécurité dans lesquelles ils doivent être distants avec ces mêmes détenus. Ils manquent de moyens et de temps pour effectuer leur nouvelle mission de réinsertion.

Ces difficultés et ces contradictions créent de l'ambivalence chez eux. Les gardiens se sentent isolés et stigmatisés par leur rôle fonctionnel au sein du système carcéral et ce sentiment d’exclusion atteint leur image et leur estime de soi. Ce sentiment de rejet affecte aussi leurs relations professionnelles et sociales. L’une des conséquences directes du conflit et de l'ambiguïté de rôles est qu’elle accentue l'orientation disciplinaire des gardiens et même leur tendance à la punition.

C’est vrai que la violence en prison est d’abord la violence de la prison : la privation de liberté, les interdits et les rapports de force qui opposent les détenus entre eux d’un côté et les détenus et gardiens de l’autre… Toutefois il faut aussi relever l’impact négatif de l’ambiguïté des rôles.

La prison a beau être un espace fermé, elle reste, néanmoins, un espace de rapports qui recèlent un système d’échanges et de réciprocité et les exigences du maintien de l’ordre supposent un minimum de pouvoir discrétionnaire qui intègre la coopération des détenus. L’objectif du traitement devrait intégrer un contrôle non punitif des détenus, une discipline détendue et des compétences techniques du personnel.

La conception issue d’un double souci de surveillance et d’éducation suppose un dosage subtil entre la prescription des règles formelles et impersonnelles valables pour tous et en toutes circonstances d’un côté, et la pratique qui se rapporte au caractère dynamique de la relation entre les surveillants et les détenus et à la nécessité de souplesse, d’adaptation et de coopération, de l’autre. Cette conception permettra d’asseoir le maintien de l’ordre et le traitement sur de nouvelles bases qui favorisera, chez les surveillants éducateurs la réhabilitation dans l’exercice de leurs fonctions et chez les détenus plus de chance de bénéficier d’un traitement adéquat, tout en créant les conditions favorables pour l’absorption des conflits par l’apaisement du climat en prison.

Afin d’aider à redéfinir la mission des surveillants éducateurs selon leurs nouvelles fonctions et leurs activités quotidiennes, la formation du métier de surveillant doit intégrer les relations avec les détenus et leur environnement.

En attendant qu’il y ait une véritable prise de conscience de l’importance cruciale de  cette réforme, les associations de la société civile qui  s’investissent dans les champs du poste carcéral, et qui continuent à  mener des actions visant à soutenir les missions de l’Administration pénitentiaire, entendues dans le sens de la préparation à la réinsertion des détenus, ne demandent qu’à prendre le bon relais pour la phase de l’accompagnement.

Association Relais

jeudi 14 juin 2012

La réinsertion professionnelle chez les anciens consommateurs de drogue : Etude de cas Hasnouna. (Auteur ASSCMP Hasnouna)

La notion d'insertion renvoie en premier lieu au champ de l'action politique et sociale. Elle est apparue dans les années 70 dans le champ de la littérature sociologique.
L'insertion s'attache avant tout à définir le processus qui va conduire un individu à trouver sa place au sein de l'institution sociale, au sein d'une sphère sociale particulière. L'insertion sociale est davantage axée sur l'ensemble des démarches mises en œuvre par et pour l'individu dans le but de s'insérer. Ainsi, l'insertion peut se décomposer en plusieurs modalités selon le domaine sur lequel elle se porte. On parle, à ce titre, d'insertion professionnelle (dans le but de trouver un emploi et d'accéder ainsi au marché de l'emploi).

Au Maroc, l’ANAPEC est l’organisme public chargé de l’insertion professionnelle : il a développé plusieurs programmes tels qu’IDMAJ, MOUKAWALTI et TAEHIL. Parmi les populations marginalisées, les consommateurs de drogues ne figurent malheureusement pas parmi les catégories cibles des programmes gouvernementaux de l’insertion professionnelle.

La  problématique  de  l'Insertion  par  l’Activité  Economique des consommateurs de drogues  est  complexe  :  il  s'agit  de réintégrer, dans le fonctionnement social régulier, des personnes qui en ont été exclues (ou qui sont sur le point d’en être exclues). Mais  les  situations  de  chaque  individu  sont  d'une  diversité  infinie  et  leurs  particularités résident très fréquemment dans l'effet cumulatif des handicaps rencontrés. De  plus,  il  est  difficile  de  hiérarchiser  les  problèmes  et  généralement  ils  doivent  être envisagés et résolus simultanément.

Sur  la  totalité des personnes questionnées, aucune n’occupe un emploi. Rappelons que le taux de chômage de la  population générale  est d’environ 8,2%. Ainsi, il apparaît clairement que les personnes ayant eu une consommation problématique de drogues rencontrent des difficultés majeures pour accéder au marché du travail et trouver un emploi.  Ces difficultés reposent à la fois sur des causes similaires à d’autres populations en difficulté sur la question de l’emploi et sur des causes spécifiques aux parcours des consommateurs de drogues.

En l’absence d’une politique publique d’insertion professionnelle des consommateurs de drogues, l’Association de Soutien au Centre Médico-psychologique Hasnouna Tanger (ASSCMP Hasnouna) s’est trouvée dans l’obligation de trouver une alternative à ce problème qui menace la réalisation de ses objectifs. C’est ainsi que l’ASSCMP Hasnouna a intégré le Programme  d’insertion professionnelle INCORPORER de la Fondation « la Caixa » au profit des  consommateurs de drogues.

Après l’introduction des traitements de substitution, l’association a décidé d’implanter une cellule de réhabilitation et de réinsertion sociale. Cet axe, l’association le considère comme un axe prioritaire à développer et qui serait indissociable  des processus de soins entrepris au CMP. L’accompagnement à la réinsertion sociale par l’activité économique devrait consolider considérablement les traitements de sevrage et de substitution,  vu que l’insertion par l’emploi offre dans le cadre institutionnel actuel, une meilleure opportunité de participation sociale.  Pour cela, l’association va gérer un guichet de travail qui favorisera l’intermédiation professionnelle et le renforcement des capacités des usagers en vue de l’insertion dans le marché du travail. C’est dans ce cadre qu’opère le Programme Incorporer, qui promeut l’égalité des chances à l’accès à l’emploi aux personnes en situation d’exclusion sociale, à travers l’intermédiation professionnelle et la collaboration entre le tissu associatif et entrepreneurial afin de garantir une meilleure intégration des personnes en exclusion sociale dans l’activité économique.

Les résultats de la première année et la  première expérience de 2011 ont été très satisfaisants, dans la mesure où 21 personnes sur 70 inscrites au service d’insertion professionnelle ont pu accéder au marché d’emploi.

Les difficultés rencontrées concernent principalement le manque des ressources financières suffisantes pour assurer la formation et la qualification des bénéficiaires.

Due à une hausse du taux des bénéficiaires qui sont sous traitement de METHADONE, l’ASCMPH 2012  envisage  de nouvelles stratégies pour l’accès des consommateurs de drogues au marché d’emploi,  toujours dans le cadre du programme INCORPORER à partir  la formation professionnelle mais aussi à travers de l’auto emploi des  consommateurs de drogues et de l’insertion au sein des entreprises.

lundi 28 mai 2012

L’exclusion socio-économique des mères célibataires et l’expérience de l’association 100% mamans (Auteur: 100% Mamans)


La grossesse hors mariage est au Maroc une transgression de la norme culturelle, sociale et religieuse. Pour la mère et son enfant cela amène à des conséquences dramatiques immédiates : l’exclusion de la communauté, la marginalisation et la privation de leurs droits les plus élémentaires.

L’exclusion et la précarité des mères célibataires revêtent différentes dimensions, socio-économiques, juridiques et sanitaires, intrinsèquement reliées les unes ou autres.

D’un point de vue socio-économique,  la grossesse confirmée met les mères célibataires dans une situation de détresse extrême, qui se voit suivie alors d’une situation d’exclusion et de marginalisation progressives qui se traduit généralement par:
·       La migration de la mère célibataire hors de son contexte géographique et familial d’origine.

·       L’attitude de rejet du père biologique : Contraintes de réagir,  les mères célibataires informent dès le début, dans leur grande majorité, l’auteur de la grossesse. Ce dernier, le plus fréquemment, les rejette et fuit sa responsabilité.


·       Le rejet par le milieu social : La visibilité de la grossesse et la crainte de la réaction de la « société » amènent à des dommages collatéraux auprès de l’entourage et l’environnement des mères célibataires: le propriétaire du logement les rejette, les amies et les familles avec qui elles cohabitent les abandonnent.  Elles font l’objet de grandes pressions afin de les pousser à  interrompre leur grossesse ou, en cas de naissance, à abandonner l’enfant. Ces pressions viennent aussi bien de la famille, des amies, que du personnel hospitalier.

·       Le rejet par le milieu du travail : Qu’elles soient ouvrières, femmes d’ouvrage ou autres, la grossesse devient souvent un obstacle à la poursuite de leur activité professionnelle. Elles sont généralement congédiées sans préavis ni indemnités, et se retrouvent bien souvent sans les moindres économies pour l’avenir immédiat.

Elles se retrouvent, en définitive, sans soutien familial ni social durant cette période de grande vulnérabilité. 

Pour tenter de répondre à ces situations d’urgence et faire face à l’extrême marginalisation du collectif cible, l’association 100%Mamans a mis en place à Tanger à travers sa structure, un mode d’intervention intégrale de prise en charge, de suivi et d’accompagnement vers l’autonomisation et la réinsertion sociale des mères célibataires. Cette modalité de prise en charge se traduit par une reconstruction fondée sur deux itinéraires :
·       Un itinéraire de prise en charge et de responsabilité socio-éducative: La mise en place de cet itinéraire repose principalement sur l'accueil de la maman au sein du foyer d'accueil d'urgence. L'accueil dure quatre mois. Au cours de cette période, le foyer permet de travailler avec chaque bénéficiaire transversalement et en profondeur la construction  du lien mère - enfant, la construction de son identité de mère, sa revalorisation et sa responsabilité dans la définition et la mise en œuvre de son itinéraire.  

·       Un Itinéraire d’autonomisation et d’insertion professionnelle: Au cours de son processus de réinsertion sociale, une fois la situation d’urgence dépassée, un itinéraire d'autonomisation et d'insertion professionnelle est contractualisé avec chaque bénéficiaire par la technicienne d'insertion professionnelle et l'assistante sociale.

Quatre grandes options sont envisagées selon chaque situation :

·       Une insertion socioprofessionnelle directe de la mère qui implique la recherche d'un logement stable si elle a été résidente. 

·       Une formation et insertion socioprofessionnelle dans le cadre des modules proposés par l'association répondant aux conditions spécifiques des mères en termes de durée (formation de moins de 3 mois), de niveau d’apprentissage et de marché de l’emploi (forte demande des métiers hôteliers).

·       Une orientation vers une autre structure pour une formation et une insertion. 

·       Une orientation familiale qui garantit un logement stable et un soutien économique.

Afin de faciliter l’insertion professionnelle des mères célibataires tout en garantissant le renforcement du lien mère-enfant, l’association propose aussi un service de crèche jusqu’à l’âge scolaire permettant à la maman d’y laisser son enfant la journée de 7h à 20h.

Le service d’insertion professionnelle de l’association se charge de l’accompagnement de chaque maman dans son itinéraire vers l’emploi et pour cela, la technicienne travaille auprès d’un réseau d’entreprises collaboratrices afin de rapprocher au mieux  les conditions du marché de l’emploi aux conditions de vie des mères.