Ce blog est né avec l’intention d’être un espace dans lequel les entités sociales et les professionnels de l’insertion professionnelle puissent partager leurs expériences, accéder à des ressources utiles pour l’exercice de leur activités et établir un dialogue qui permet la conception conjointe de solutions visant à réduire l’injustice sociale par l’accès à un emploi digne par les personnes en situation d’exclusion sociale. Il est dynamisé par le réseau d’entités sociales du Programme Incorporer de « la Caixa » (www.incorpora.org).


Si vous désirez participer par la publication de votre expérience ou exposer une problématique, vous pouvez nous contacter par mail à l’adresse électronique suivante : incorporer@gmail.com .

jeudi 14 juin 2012

La réinsertion professionnelle chez les anciens consommateurs de drogue : Etude de cas Hasnouna. (Auteur ASSCMP Hasnouna)

La notion d'insertion renvoie en premier lieu au champ de l'action politique et sociale. Elle est apparue dans les années 70 dans le champ de la littérature sociologique.
L'insertion s'attache avant tout à définir le processus qui va conduire un individu à trouver sa place au sein de l'institution sociale, au sein d'une sphère sociale particulière. L'insertion sociale est davantage axée sur l'ensemble des démarches mises en œuvre par et pour l'individu dans le but de s'insérer. Ainsi, l'insertion peut se décomposer en plusieurs modalités selon le domaine sur lequel elle se porte. On parle, à ce titre, d'insertion professionnelle (dans le but de trouver un emploi et d'accéder ainsi au marché de l'emploi).

Au Maroc, l’ANAPEC est l’organisme public chargé de l’insertion professionnelle : il a développé plusieurs programmes tels qu’IDMAJ, MOUKAWALTI et TAEHIL. Parmi les populations marginalisées, les consommateurs de drogues ne figurent malheureusement pas parmi les catégories cibles des programmes gouvernementaux de l’insertion professionnelle.

La  problématique  de  l'Insertion  par  l’Activité  Economique des consommateurs de drogues  est  complexe  :  il  s'agit  de réintégrer, dans le fonctionnement social régulier, des personnes qui en ont été exclues (ou qui sont sur le point d’en être exclues). Mais  les  situations  de  chaque  individu  sont  d'une  diversité  infinie  et  leurs  particularités résident très fréquemment dans l'effet cumulatif des handicaps rencontrés. De  plus,  il  est  difficile  de  hiérarchiser  les  problèmes  et  généralement  ils  doivent  être envisagés et résolus simultanément.

Sur  la  totalité des personnes questionnées, aucune n’occupe un emploi. Rappelons que le taux de chômage de la  population générale  est d’environ 8,2%. Ainsi, il apparaît clairement que les personnes ayant eu une consommation problématique de drogues rencontrent des difficultés majeures pour accéder au marché du travail et trouver un emploi.  Ces difficultés reposent à la fois sur des causes similaires à d’autres populations en difficulté sur la question de l’emploi et sur des causes spécifiques aux parcours des consommateurs de drogues.

En l’absence d’une politique publique d’insertion professionnelle des consommateurs de drogues, l’Association de Soutien au Centre Médico-psychologique Hasnouna Tanger (ASSCMP Hasnouna) s’est trouvée dans l’obligation de trouver une alternative à ce problème qui menace la réalisation de ses objectifs. C’est ainsi que l’ASSCMP Hasnouna a intégré le Programme  d’insertion professionnelle INCORPORER de la Fondation « la Caixa » au profit des  consommateurs de drogues.

Après l’introduction des traitements de substitution, l’association a décidé d’implanter une cellule de réhabilitation et de réinsertion sociale. Cet axe, l’association le considère comme un axe prioritaire à développer et qui serait indissociable  des processus de soins entrepris au CMP. L’accompagnement à la réinsertion sociale par l’activité économique devrait consolider considérablement les traitements de sevrage et de substitution,  vu que l’insertion par l’emploi offre dans le cadre institutionnel actuel, une meilleure opportunité de participation sociale.  Pour cela, l’association va gérer un guichet de travail qui favorisera l’intermédiation professionnelle et le renforcement des capacités des usagers en vue de l’insertion dans le marché du travail. C’est dans ce cadre qu’opère le Programme Incorporer, qui promeut l’égalité des chances à l’accès à l’emploi aux personnes en situation d’exclusion sociale, à travers l’intermédiation professionnelle et la collaboration entre le tissu associatif et entrepreneurial afin de garantir une meilleure intégration des personnes en exclusion sociale dans l’activité économique.

Les résultats de la première année et la  première expérience de 2011 ont été très satisfaisants, dans la mesure où 21 personnes sur 70 inscrites au service d’insertion professionnelle ont pu accéder au marché d’emploi.

Les difficultés rencontrées concernent principalement le manque des ressources financières suffisantes pour assurer la formation et la qualification des bénéficiaires.

Due à une hausse du taux des bénéficiaires qui sont sous traitement de METHADONE, l’ASCMPH 2012  envisage  de nouvelles stratégies pour l’accès des consommateurs de drogues au marché d’emploi,  toujours dans le cadre du programme INCORPORER à partir  la formation professionnelle mais aussi à travers de l’auto emploi des  consommateurs de drogues et de l’insertion au sein des entreprises.

lundi 28 mai 2012

L’exclusion socio-économique des mères célibataires et l’expérience de l’association 100% mamans (Auteur: 100% Mamans)


La grossesse hors mariage est au Maroc une transgression de la norme culturelle, sociale et religieuse. Pour la mère et son enfant cela amène à des conséquences dramatiques immédiates : l’exclusion de la communauté, la marginalisation et la privation de leurs droits les plus élémentaires.

L’exclusion et la précarité des mères célibataires revêtent différentes dimensions, socio-économiques, juridiques et sanitaires, intrinsèquement reliées les unes ou autres.

D’un point de vue socio-économique,  la grossesse confirmée met les mères célibataires dans une situation de détresse extrême, qui se voit suivie alors d’une situation d’exclusion et de marginalisation progressives qui se traduit généralement par:
·       La migration de la mère célibataire hors de son contexte géographique et familial d’origine.

·       L’attitude de rejet du père biologique : Contraintes de réagir,  les mères célibataires informent dès le début, dans leur grande majorité, l’auteur de la grossesse. Ce dernier, le plus fréquemment, les rejette et fuit sa responsabilité.


·       Le rejet par le milieu social : La visibilité de la grossesse et la crainte de la réaction de la « société » amènent à des dommages collatéraux auprès de l’entourage et l’environnement des mères célibataires: le propriétaire du logement les rejette, les amies et les familles avec qui elles cohabitent les abandonnent.  Elles font l’objet de grandes pressions afin de les pousser à  interrompre leur grossesse ou, en cas de naissance, à abandonner l’enfant. Ces pressions viennent aussi bien de la famille, des amies, que du personnel hospitalier.

·       Le rejet par le milieu du travail : Qu’elles soient ouvrières, femmes d’ouvrage ou autres, la grossesse devient souvent un obstacle à la poursuite de leur activité professionnelle. Elles sont généralement congédiées sans préavis ni indemnités, et se retrouvent bien souvent sans les moindres économies pour l’avenir immédiat.

Elles se retrouvent, en définitive, sans soutien familial ni social durant cette période de grande vulnérabilité. 

Pour tenter de répondre à ces situations d’urgence et faire face à l’extrême marginalisation du collectif cible, l’association 100%Mamans a mis en place à Tanger à travers sa structure, un mode d’intervention intégrale de prise en charge, de suivi et d’accompagnement vers l’autonomisation et la réinsertion sociale des mères célibataires. Cette modalité de prise en charge se traduit par une reconstruction fondée sur deux itinéraires :
·       Un itinéraire de prise en charge et de responsabilité socio-éducative: La mise en place de cet itinéraire repose principalement sur l'accueil de la maman au sein du foyer d'accueil d'urgence. L'accueil dure quatre mois. Au cours de cette période, le foyer permet de travailler avec chaque bénéficiaire transversalement et en profondeur la construction  du lien mère - enfant, la construction de son identité de mère, sa revalorisation et sa responsabilité dans la définition et la mise en œuvre de son itinéraire.  

·       Un Itinéraire d’autonomisation et d’insertion professionnelle: Au cours de son processus de réinsertion sociale, une fois la situation d’urgence dépassée, un itinéraire d'autonomisation et d'insertion professionnelle est contractualisé avec chaque bénéficiaire par la technicienne d'insertion professionnelle et l'assistante sociale.

Quatre grandes options sont envisagées selon chaque situation :

·       Une insertion socioprofessionnelle directe de la mère qui implique la recherche d'un logement stable si elle a été résidente. 

·       Une formation et insertion socioprofessionnelle dans le cadre des modules proposés par l'association répondant aux conditions spécifiques des mères en termes de durée (formation de moins de 3 mois), de niveau d’apprentissage et de marché de l’emploi (forte demande des métiers hôteliers).

·       Une orientation vers une autre structure pour une formation et une insertion. 

·       Une orientation familiale qui garantit un logement stable et un soutien économique.

Afin de faciliter l’insertion professionnelle des mères célibataires tout en garantissant le renforcement du lien mère-enfant, l’association propose aussi un service de crèche jusqu’à l’âge scolaire permettant à la maman d’y laisser son enfant la journée de 7h à 20h.

Le service d’insertion professionnelle de l’association se charge de l’accompagnement de chaque maman dans son itinéraire vers l’emploi et pour cela, la technicienne travaille auprès d’un réseau d’entreprises collaboratrices afin de rapprocher au mieux  les conditions du marché de l’emploi aux conditions de vie des mères.

samedi 26 mai 2012

Le handicap psychologique des jeunes en difficulté (Auteur: Association Initiative Urbaine)

Est-il un vrai obstacle pour l'insertion professionnelle? 

La performance des entreprises ne se réduit plus à une addition de chiffres d'affaires, de clients ou de parts de marché. Les sentiments individuels, à la frontière de la vie intime, deviennent aujourd'hui un baromètre de leur vitalité. Ainsi, la présence de psychologues du travail dans les métiers du recrutement, de la formation et dans l'insertion professionnelle ne surprend plus personne.

Avant toute chose,  pour y voir plus clair sur le sujet des handicaps psychologiques et l’insertion professionnelle, il est prioritaire de s’interroger sur la place du travail dans la vie et les raisons pour lesquelles une personne souhaite travailler : l’emploi est-il simplement perçu comme une source de revenu ? Participe-t-il à la reconnaissance et à l’identité de la personne ? Comment s’articule-t-il avec la sphère privée ?

La perception du travail est loin d’être subsidiaire, car les aléas de la vie professionnelle retentiront différemment selon la place qui lui est accordée : la perte d’un emploi, par exemple, n’aura pas les mêmes conséquences psychiques si la personne se sent valorisée dans des activités extra-professionnelles ou si la personne pense que son chômage entraînera l’éclatement de sa famille. Les personnes qui sont en demande d’insertion professionnelle sentent, parfois clairement, parfois confusément, que leur souhait d’intégration professionnelle est entravé par des actes ou des attitudes qui les conduisent systématiquement à l’échec. En effet,  cela peut être dû à  la réalité d’un quotidien de travail, à des difficultés éprouvées concrètement (sur le rythme ou les horaires, sur les relations avec la hiérarchie ou les collègues…)  ainsi  que à des difficultés qui relèvent de la personne et de son histoire personnelle qui peut affecter  les interactions avec les autres et constituer un blocage dans le domaine professionnel.

Donner sa juste place au handicap est important, ne pas le cacher ou le mettre en avant, s’interroger sur  la place qu’il occupe, ce qu’il représente, les exigences que la personne ne pourra pas assumer, les  revendications qui  peuvent être mal vécues par l’entreprise, mais qui peuvent  être aussi un moteur pour la personne ; une agressivité exprimée  qui peut refléter une demande de compensation pour des carences affectives ou des traumatismes subis et vécus, qui n’ont rien à voir avec le travail....Certaines de ces manifestations, qui s’expliquent au regard du vécu personnel, entravent l’aboutissement d’une insertion professionnelle souhaitée.

Un jeune en difficulté peut-il s’en sortir, dépasser son handicap psychique ?

Lâcher ses freins intérieurs, sortir des situations de blocage, que ce soit sur le plan relationnel, affectif, professionnel et même existentiel, demande tout d'abord de bien prendre conscience combien les pensées que nous entretenons dans notre mental peuvent nous influencer. Des "pensées-histoires" que nous prenons  pour la réalité, des pensées ruminantes qui sont nourries par  la peur : peur du regard des autres, peur de manquer de ceci ou de cela, peur de ne pas être à la hauteur, peur de souffrir...  Or ce sont des peurs qui,  dans 95% des cas, ne sont pas du tout fondées et qui sont simplement alimentées par l'actualité souvent mouvementée du management et de la productivité.

Dépasser ses blocages et handicaps demande d'entreprendre un véritable travail sur soi. C’est la raison pour laquelle, par une  réflexion sur la place du travail et du handicap, ainsi que de ce qu’ils représentent, la personne doit être accompagnée pour penser son insertion : comment faire pour que des paramètres non choisis (lieu de travail, horaires, responsable, collègues…) ne deviennent pas des contraintes insurmontables, comment se conformer à un certain nombre d’exigences inhérentes au monde du travail ?

Par ailleurs, les psychothérapies, pour les cas les plus rebelles, disposent de tout un arsenal d'outils pour aider la personne à sortir de ses blocages et à mettre en place des comportements différents. Il existe aussi toutes sortes de stages de développement personnel fort utiles pour apprendre à dépasser ses inhibitions et autres freins intérieurs, à gagner en confiance en soi, à développer l'estime de soi nécessaire à une meilleure affirmation de soi : celle qui conduit à la liberté intérieure et donc à l'épanouissement de soi, et qui pourra alors garantir une vie professionnelle satisfaisante. Ainsi, l’accompagnement psychologique des jeunes en recherche d’emploi, l’évaluation approfondie, le bilan d’orientation, les conseils en relation avec l’adaptation de poste, la  mobilisation et  le suivi d’une démarche de pré-insertion, est un appui qui doit être pris en considération par les structures  d’insertion  et celles d’aide à l’insertion professionnelle.

mardi 15 mai 2012

Les compétences transversales : les besoins de l'entreprise et les attentes des jeunes (Auteur : Association Chifae)


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Due à la mondialisation et à la concurrence internationale sur le leadership dans les différents secteurs économiques, les entreprises deviennent de plus en plus sélectives et  le défi à relever devient important pour les demandeurs d'emploi qui doivent obligatoirement répondre aux critères tracés par l'entreprise en matière de compétences.

Qu'est-ce que c'est une compétence?

C'est l'ensemble intégré de connaissances techniques, d’habiletés et d’attitudes permettant de faire, avec succès, une action ou un ensemble d’actions telles qu’une tâche ou une activité de travail.

Dans une formation professionnelle si nous n'inculquons que les connaissances techniques, nous ne pouvons garantir ni la réussite de la mise en place des acquis par l'apprenti ni la réussite de son adaptation au milieu professionnelle. L’inclusion des compétences transversales dans nos processus de formation est  nécessaire afin de créer l'équilibre entre le savoir faire et le savoir être.

En tant qu’accompagnateurs des jeunes dans leur chemin vers l’emploi, nous avons conscience que les jeunes en difficultés avec lesquels nous travaillons ont des comportements, des attitudes et un vocabulaire peu compatibles avec le milieu professionnel. Afin de surmonter ces difficultés, nous travaillons les compétences transversales  des jeunes à travers divers ateliers dans lesquels nous pointons  l’importance accordée à l’apparence et aux impressions données face à un interlocuteur: « image de soi », « expression théâtrale », « confiance », « estime du soi »…

Les compétences transversales suivantes sont les plus valorisées par les employeurs :

·       Aptitude à la communication orale et écrite
·       Enthousiasme/motivation
·       Initiative/dynamisme
·       Esprit d’équipe
·       Organisation/planification
·       Gestion du temps
Notre expérience : formation service restaurant

Durant les deux dernières années, nous avons développé une formation professionnelle en service restaurant, une profession de prestation de service où  les relations publiques jouent un rôle primordial et où les exigences du secteur, qui imposent beaucoup de perfectionnement et de professionnalisme,  nous obligent  à élaborer des objectifs conformes aux normes de la profession et qui visent le développement du savoir cognitif, le savoir faire et bien sur le savoir être.
Dans un restaurant d’application servant à former les jeunes mais également en prise avec une réelle activité économique puisqu’il reçoit de « vrais » clients, nous avons conçu des « micro- mises en situation » qui nous paraissaient assez déterminantes pour révéler le savoir être attendu par les employeurs  et ainsi, faire travailler les jeunes sur ces aspects sensibles du métier. Il est probable que ces attitudes ou comportement s’acquièrent dans le temps, après une certaine pratique ; toutefois, ce qui est plus intéressant, c’est de les développer chez les jeunes en apprentissage du métier pour augmenter leurs chances d’embauche.
Ces micro- mises en situation présentaient également un autre intérêt : le jeune pouvait lui-même évaluer son travail, non pas tant à partir de compétences techniques et de savoir appris, mais surtout à partir des attitudes attendues de lui dans ce métier. Nous avons fréquemment constaté qu’il était important de donner aux jeunes un aperçu des dimensions informelles du métier qu’il souhaite exercer, et des attentes des employeurs. Certains jeunes deviennent d’excellents techniciens mais ils rencontrent, une fois en entreprise, des difficultés d’intégration ou de maintien dans leur emploi, et subissent des jugements qu’ils ne comprennent pas toujours puisqu’ils se réfèrent à des compétences ne figurant pas dans les référentiels techniques de métier.

Conclusion

La bonne formation, l’expérience et les compétences acquises en situation de stage apparaissent comme un bagage essentiel dans un environnement marqué par les restructurations économiques et les mutations industrielles.

C’est sur l’expérience et les compétences ainsi acquises que peuvent s’envisager et se construire les parcours et les mobilités professionnelles potentielles. Les compétences  sont des garanties pour un emploi durable face aux risques de  chômage ou de licenciement.

mercredi 9 mai 2012

Aula d’hosteleria (Casal dels Infants,Barcelone)


« Aula d’hosteleria » est le nom d’un des projets phare de Casal dels Infants à Barcelone. Il s’agit d’un complet programme que forme des jeunes dans le métier de serveur assistant et les oriente dans sa recherche d’emploi. Implanté en 2003 il a permit jusqu'à aujourd’hui l’insertion de 470 jeunes à travers ses 25 promotions, avec un taux d’insertion moyenne du 70%.  Un des facteurs clé de son succès est l’implication des restaurants et hôtels solidaires de la ville de Barcelone que, de plusieurs manières contribuent à la formation des jeunes.
Le contenu de la formation :
- Formation technique (service restaurant, service café, cocktailerie…)
- Image et communication
- Anglais et catalan pour restauration
- Sensibilisation environnementale
- Techniques de recherche d’emploi
- Hygiène et prévention de risques dans le travail
- Stage formatif en entreprise 


La formation s’adresse à des jeunes en risque d’exclusion sociale âgés d’entre 16 et 25 ans, avec des carences éducatives importantes et sans expérience de travail au préalable.  Elle s’étale sur une durée de 3 mois. Cette durée répond à l’urgence sociale d’une insertion professionnelle rapide pour les bénéficiaires et leur permet d’avoir l’autonomie rapidement. 





20 % du programme de formation se déroule dans les locaux de l’association Casal dels Infants et les 80 % restant dans les installations d’un restaurant collaborateur, qui cède une de ses salles au projet : de 9 à 13 heures, cette salle est fermée au public et un groupe de 15 à 20 jeunes utilise la salle et son équipement pour mettre en pratique les connaissances acquises dans les locaux de l’association durant la première phase de la formation. De 13 h 30 à 16 h 30, la salle est ouverte au public. Le service est alors assuré alternativement par un groupe de 5 à 6 jeunes encadrés par un formateur spécialisé de l’association Casal dels Infants. Les jeunes en formation ont ainsi l’opportunité de mettre en pratique leurs connaissances dans un environnement réel de travail, de gagner de la confiance et d’acquérir une expérience professionnelle utile pour leur insertion professionnelle future.

Une fois les apprentis ont acquis des connaissances assez solides, ils ont l’opportunité de réaliser un stage dans des restaurants et hôtels impliqués dans le programme, ce qui complète l’expérience des jeunes et permet aux potentiels employeurs de les connaître dans une situation de travail réel.

On veut souligner le fait que l’implication des restaurants et hôtels est un des facteurs clé dans le succès du projet. Il faut remarquer aussi que cette implication ne tombe pas du ciel. Dès la coordination du projet, un vrai travail « commercial» doit être fait afin de repérer les partenaires idéales et d’obtenir et maintenir son engagement dans une relation qui satisfait les besoins et expectatives des deux parties.

Périodiquement, des événements de visualisation sont organisés et les apprentis assurent le service dans des évènements publics à caractère social. La participation dans ces événements permet simultanément que d’autres entreprises du secteur connaissent le programme et que les jeunes accumulent des expériences diverses  et enrichissantes.

Le projet compte avec un blog ou vous pouvez suivre ses actualités: www.aulahostaleria.com

jeudi 3 mai 2012

Bulletin Jissr Alwasl


Voilà le lien permanent au bulletin d’information, échange et dialogue Jissr Alwasl, publication digitale spécialement adressée au monde associatif marocaine. Vous y trouverez des entretiens, expériences, évènements… et articles concernant la gestion des associations, ainsi qu’une rubrique spécialement dédiée à l’accompagnement vers l’insertion professionnelle.
Bonne lecture !

vendredi 20 avril 2012

Relation Entreprise-Association: Entraves à la collaboration

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Dans un article précédent, nous parlions des bénéfices que la collaboration entreprise - association apporte à la société en général, ainsi qu’aux entreprises et associations elles-mêmes. Cette collaboration, notamment quand elle va au-delà de la collaboration économique, crée des synergies qui répercutent positivement dans la lutte contre le déséquilibre social, enrichissent la culture interne des entreprises et des associations et permet aux associations de gagner en ressources, visibilité et crédibilité.


Toutefois, il existe de nombreuses entraves qui font obstacle au succès de la collaboration entreprise – association. Il est important de connaître ces entraves afin de trouver les moyens de les dépasser :

Entrave 1 : Manque de confiance réciproque:
L’entreprise peut avoir des doutes concernant la capacité de gestion de l’association, la pertinence de sa cause… Une bonne gestion de la communication externe, la transparence et le professionnalisme dans la gestion de l’association et la bonne utilisation du marketing social favoriseront la perception positive de l’association. L’association, pour sa part,  peut avoir des doutes concernant le compromis social de l’entreprise : veut-elle vraiment participer dans la lutte contre le déséquilibre social ou a-t-elle d’autres intérêts?, quelles sont les vraies valeurs de l’entreprise ?... Afin de trouver des partenaires avec un sincère désir de travailler pour le bien commun, il faut y consacrer du temps et des ressources pour la prospection des partenaires. Il faut aussi créer des outils et des procédures qui permettront aux deux parties de bien se connaître avant de démarrer un projet ensemble. Il est important d’écouter tous les groupes d’intérêt au sein de l’association et de l’entreprise.


Entrave 2 : Manque de compréhension réciproque : Le langage utilisé au sein des entreprises et dans le secteur associatif est différent. Il faut en être très conscient et ainsi mieux adapter les expressions à l’interlocuteur, de manière à ce que notre discours ne soit pas incompréhensible vis-à-vis du potentiel
partenaire. Il faut parler son propre langage. Les procédures de travail diffèrent aussi : les délais, les canaux de communication, le système de prise de décisions… il faut pratiquer l’empathie avec l’interlocuteur, essayer de comprendre ses besoins et lui faciliter le travail dans la mesure du possible.
Il est préférable de démarrer la relation avec des projets simples et faciles à gérer. Cela servira d’entraînement pour de futurs projets de plus grande envergure.

Entrave 3 : Manque de compréhension du potentiel de la collaboration :
L’association doit réfléchir à tout le potentiel transformateur de son possible partenaire. Il ne s’agit pas juste d’une source de revenus ; en effet, l’entreprise peut être un acteur fondamental dans la transformation sociale, car elle est créatrice de produits et services, de postes de travail, de formation, de connaissance… L’association peut être, quant à elle pour l’entreprise, plus que le simple moyen de faire une action sociale : elle peut imprégner l’entreprise de nouvelles valeurs, apporter connaissance concernant des réalités que supposent pour l’entreprise nouvelles opportunités commerciales…


Entrave 4 : Résistance à engager des ressources : Quand il s’agit des premières expériences de collaboration, les entreprises et les associations font face à un terrain inconnu : elles doivent engager des ressources (matérielles, financières, personnelles, logistiques…) pour un projet dans lequel elles n’ont pas d’expérience et avec un nouveau partenaire appartenant à une culture assez différente. Afin de réduire cette résistance, il faut passer du temps à la réflexion et à l’échange d’information, garantir la transparence des motivations et des compétences de chaque interlocuteur, définir les objectifs, le cadre de la collaboration et le système de control, d’évaluation et de communication.


Ainsi, pour conclure, il est important d’insister sur le faut que la bonne gestion, la transparence, l’empathie, la communication et l’ouverture à l’innovation sont les facteurs clés pour le succès des collaborations entreprise- association.

Article rédigé par le Casal dels Infants et publié dans le bulletin Jissr Alwasl en octobre 2011.
Jissr Alwasl: Bulletin associatif Tangérois d’information, d’échange et de dialogue.
Lien permanent: www.jissralwasl.ma

jeudi 19 avril 2012

Relation Entreprise-Association: Nouvelles mesures sur le marché de l’emploi

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Comme acteurs actifs de la société, les entreprises et les entités sociales ont interagi depuis le début de leur existence. Cette relation a connu une évolution, qui peu à peu s’est rétrécie.

L’activité économique des entreprises a une répercussion dans son entourage. Cette répercussion est dotée d’une amplitude positive (création de l’emploi, production des biens et services,…) et d’une amplitude négative (impact négatif sur l’environnement, prédominance de l’intérêt économique face à l’intérêt commun…). 

Historiquement, quelques entreprises ont eu l’intention d’échapper de leur responsabilité en ce qui concerne les effets négatifs de leurs activités. Les entités sociales, quant à elles, se sont concentrées précisément sur ces effets en ignorant les effets positifs. Ainsi, les origines de la relation entre entreprise et entité sociale ont été marquées par une relation de dénonciation, de confrontation et par l’absence d’un dialogue authentique. 

La société a mûri et les individus ont commencé à exiger aux entreprises une attitude plus responsable. Cette attitude a été exigée à travers la promulgation de lois protégeant les intérêts communs et l'utilisation de la puissance du citoyen consommateur. 

A leur tour, les entreprises sont devenues de plus en plus conscientes de l'impact positif et négatif de leurs activités et le concept de la RSE commence à être présent, volontairement, dans leurs décisions stratégiques et opérationnelles. 

Selon le monde associatif, les entreprises utilisent souvent la RSE comme un outil de marketing et de blanchiment d'image. Toutefois il est parfaitement vrai que certaines entreprises l'utilisent bien, et peu à peu le nombre des compagnies qui formulent leurs objectifs en termes économiques et de contribution à une société plus équilibrée augmente progressivement. Elles le font au delà de leurs obligations légales, poussées par un désir sincère de contribuer à un monde plus juste. Il s'agit d'un mouvement qui naît avec encore un long chemin à parcourir. Tout au long de ce chemin, les entités sociales ont l’opportunité de contribuer à leur consolidation à travers le soutien des entreprises pionnières. Pour se faire, elles doivent s'efforcer à surmonter les préjugés et l’hostilité qui ont marqué le début de la relation entreprise-entité sociale: 

- Travailler dans la transparence, la cohérence, la gestion efficace des ressources et communiquer autour de l’association et de ses activités de façon à ce que les entreprises puissent surmonter le préjugé ou le manque d’intérêt provoqués par les entités sociales. Il faut tenir compte que le langage de l’entreprise et de l’entité sociale sont différents et que pour que le message arrive à l’entreprise, il est important d’adapter le langage au jargon entrepreneurial. 

- Développer l’empathie avec l’entreprise. Même si l’entreprise a fixé des objectifs sociaux, il est vrai que les objectifs économiques restent présents et ne peuvent pas être négligés. Il s’agit donc de comprendre les besoins réels de l’entreprise en l’aidant à atteindre sa rentabilité économique et sociale simultanément. Nous n’exigeons pas l’impossible à l’entreprise ; nous cherchons plutôt à construire avec  elle une solution alternative.

L’entité sociale ne doit pas abandonner son attitude de vigilance devant les abus que certaines entreprises peuvent commettre, mais elle peut reconsidérer ses agissements devant ces abus en renforçant une attitude de dialogue constructif. Il s’agit de « gérer un conflit » au lieu de créer une situation de confrontation. Ce n’est pas évident que l’entreprise se montre toujours réceptive, mais sans doute il est possible d’éviter des confrontations inutiles et de créer des canaux de dialogue avec elle.

La construction de cette relation de collaboration suppose un effort pour l’entreprise et pour l’entité sociale. L’intérêt de ce renforcement pour chacune des parties est le suivant :
- L’intérêt de l’entreprise réside dans le fait de pouvoir compter avec un partenaire pour la construction des valeurs sociales, entrer en contact avec une entité ayant des valeurs différentes aux entrepreneuriales qui généreront diversité dans la compagnie et amélioreront son image devant la société.

- L’entité sociale comptera sur un partenaire pour la lutte contre l’inégalité sociale. Elle sera obligée de renforcer sa transparence envers son partenaire qui lui permettra de développer des nouvelles capacités de gestion et de direction, accéder à des nouveaux ressources économiques et humains, avoir plus de visibilité et crédibilité et profiter des nouveaux canaux de diffusion de son message.

- L’intérêt de la société en général et des populations défavorisées en particulier, est que cette collaboration contribuera plus efficacement au bien-être commun et à la réduction du déséquilibre social.

Ainsi, il est évident que toutes les parties ont beaucoup à gagner et que l’effort en vaut la peine. 

Article rédigé par Casal dels Infants et publié dans le bulletin Jissr Alwasl en octobre 2011.
Jissr Alwasl: Bulletin associatif Tangérois d’information, d’échange et de dialogue.
Lien permanent: www.jissralwasl.ma