Ce blog est né avec l’intention d’être un espace dans lequel les entités sociales et les professionnels de l’insertion professionnelle puissent partager leurs expériences, accéder à des ressources utiles pour l’exercice de leur activités et établir un dialogue qui permet la conception conjointe de solutions visant à réduire l’injustice sociale par l’accès à un emploi digne par les personnes en situation d’exclusion sociale. Il est dynamisé par le réseau d’entités sociales du Programme Incorporer de « la Caixa » (www.incorpora.org).


Si vous désirez participer par la publication de votre expérience ou exposer une problématique, vous pouvez nous contacter par mail à l’adresse électronique suivante : incorporer@gmail.com .

lundi 10 septembre 2012

Les obstacles à la formation et à l'emploi que rencontrent les PSH (Auteur: AMH)




Environ 5% de l’ensemble de la population au Maroc présente une situation de handicap, soit plus de 1,5 millions de personnes. Seulement 10% de ces personnes handicapées sont des actifs occupés. Le taux de scolarisation de cette population est trois fois inférieur à celui des enfants non atteints par un handicap. * L'un des défis de notre société est de permettre l'intégration des personnes en situation de handicap dans la population active du pays. L'accès limité à l'éducation, à la formation et à l'emploi fait débat et les conditions préalables sont insuffisantes.
On ne peut dissocier l'emploi de la formation. La stratégie d'accompagnement des personnes en situation de handicap doit non seulement viser l'accès à l'emploi, mais aussi l'accès à la formation sous toutes ses formes: formation professionnelle et technique, formation continue, formation en entreprise, accès aux programmes de reconnaissance des acquis et des compétences, formation manquante, etc.
Cette stratégie doit aussi s'assurer de la mise en œuvre d'actions spécifiques visant à renforcer l'intégration des personnes en situation de handicap en améliorant leur intégration au travail par une mise en évidence des obstacles entre les acteurs et par l'élaboration de propositions d'interventions pertinentes et efficaces visant à transformer les représentations et les pratiques des employeurs à l'égard des personnes handicapées, mais aussi des personnes handicapées à l'égard d'elles-mêmes et du marché du travail.
Au-delà de l'idée de citoyenneté, malgré des lois favorables, une évolution certaine des mentalités, ainsi que la mise en œuvre de politiques d'entreprises socialement responsables, le handicap reste le facteur le plus discriminant à l'embauche. Les chiffres concernant les personnes handicapées et l'emploi témoignent (ENH 2004)* de difficultés persistantes d'accès au travail. Ces carences nuisent à l'épanouissement de la personne handicapée et la maintiennent en situation de fragilité.
L'enquête que l’AMH a effectuée en 2008 auprès de 350 personnes en situation de handicap adhérentes à l'AMH, livre une analyse qui permet d'identifier entre quatre et cinq obstacles majeurs à l'insertion :
Les obstacles d'ordre physique ou physiologique : aptitudes physiques réduites, âge, médicalisation lourde ou autre dépendance,
Les obstacles liés à la qualification: niveau de formation insuffisant, expérience professionnelle insuffisante, illettrisme,
Les obstacles d'ordre psychologique ou psychosocial : problèmes d'ordre psychologique, difficulté à entreprendre des démarches, manque de confiance en soi, manque d'autonomie, difficulté d'expression ou de communication, problèmes d'apparence, méconnaissance de ses limites et aptitudes physiques, manque de reconnaissance sociale/défaut d'appartenance à un groupe, défaut de repères dans le temps ou dans l'espace,
Les obstacles d'ordre social ou économique : mobilité géographique faible ou nulle, ressources financières insuffisantes, absence de moyens de transport, problèmes familiaux, de logement, isolement géographique, environnement pathogène, problème de garde d'enfants, des employeurs qui perçoivent la personne handicapée comme un obstacle pour la réalisation des objectifs de l’entreprise,
Les obstacles liés à l'orientation ou au projet professionnel : pas de stratégie professionnelle stable, projet professionnel irréaliste, absence de projet professionnel, faible valeur accordée à la formation et au travail, projet de vie excluant un projet de formation ou une activité salariée, méfiance envers l’entreprise…
Le principe de la participation sociale des personnes en situation de handicap constitue le fondement des actions proposées dans le cadre du Programme d'Accompagnement à la Participation Sociale de l'AMH.
L'expérience de partenariat conduite entre le PAPS et l'OFPPT depuis juillet 2008 permet à 70 jeunes en situation d’handicap d'accéder à un parcours de formation de qualification ou de diplôme (centre d'appel, bijouterie, informatique et secrétariat, infographie...) dans une démarche inclusive au centre de formation « LALA AICHA ». Ce sont des formations qui répondent au marché du travail marocain et qui leur permettront de trouver un emploi. De plus, le centre de formation est totalement accessible aux personnes handicapées.
Un agent d'insertion professionnelle du PAPS/AMH assure un suivi de ces personnes sur le lieu de formation. L’association travaille également avec le centre Noor sur les aspects de rééducation physique et fonctionnelle. Aussi, elle est en contact avec des entreprises pour la mise en place de stages. Une grande partie de son  travail est également de sensibiliser les entreprises à la situation des personnes handicapées dans le monde du travail.
* Enquête nationale sur le handicap réalisée par le secrétaire d'État Chargé de la Famille, de l'Enfance et des Personnes Handicapées, avec l'assistance technique du consortium français Credes/Handicap International, dans le cadre d'un financement de l'Union Européenne en 2004.

dimanche 2 septembre 2012

L’emploi des jeunes : vers une meilleure collaboration avec les entreprises




Je vous laisse le lien vers un guide très intéressant publié par la Youth EmployementNetwork. Le guide raconte les expériences de collaboration pour l’emploi des jeunes entre entreprises et entités sociales en Afrique de l’Ouest: 

L’emploi des jeunes : vers une meilleure collaboration avec les entreprises

jeudi 30 août 2012

La communication et les entités sociales




À cette hauteur du cours, nous tous savons déjà que la communication est un sujet très-très-très important et  à ne pas négliger dans la gestion des nos associations. Nous savons tous qu’il faut avoir un plan de marketing, être présents dans les medias sociaux, communiquer-communiquer-communiquer à droite et à gauche, en interne et en externe, faire de la pub si on en a les moyens et quand on n’en a pas, faire comme nous le faisons : faire appel au marketing viral…. Nous avons un blog, un site, un groupe facebook… mais…arrêtons nous un moment… quelqu’un se souvient de tout ça… pour quoi ? 

Et oui, nous sommes convaincus de l’importance de la communication.  C’est déjà beaucoup : la première bataille est gagnée. Les medias nous bombardent chaque jour avec des termes cool (tant mieux s’ils sont en anglais) et nous les adoptons, car si la clé pour la justice sociale est que l’association ait un compte twitter, on ne va pas renoncer à l’effort ! Et nous sommes tellement occupés à actualiser le groupe facebook, et à alimenter le blog, et à imprimer des dépliants que nous oublions l’essentiel : définir le plan stratégique de l’association qui va nous permettre de créer le plan de marketing qui donnera sens à notre plan de communication qui déterminera les outils de communication à développer.

Éclairons un peu les termes… Le marketing social : terme tellement à la mode et tellement ambigu. Ambigu parce qu’il a deux sens ! Traditionnellement, le marketing social est l’ensemble des activités qu’une entité (ONG, administration publique, entreprise…) réalise afin de provoquer un changement social bénéfique pour l’individu (finir les études basiques) ou pour la société en général (ne pas jeter des papiers par terre). Ces activités permettent de définir le plan de marketing et sont :

- l’analyse de l’environnement afin de comprendre le problème et son contexte (où sommes-nous ?)
- définition d’un objectif  (où voulons-nous aller ?)
- définition du plan d’action et son budget (comment allons-nous y arriver ?, quelles ressources seront nécessaires et quel coût ?). Le plan d’action contient le plan de communication : qu’est-ce que nous voulons dire et à qui ? quand ? à travers quels moyens et quels outils ?
- suivi, control et correction du plan d’action afin d’assurer la consécution des objectifs
- évaluation globale du plan de marketing

Mais dès lors que les media sociaux (facebook…) sont arrivé à nos vies, le terme marketing social fut alors aussi utilisé pour définir les actions de marketing des organisations dans ces medias : l’information et les services fournis via les media sociaux, l’écoute aux clients via ces medias…

Et pourquoi communiquer ? J’ai déjà dit que nous le savions tous, mais nous allons le répéter pour les nouveaux arrivés :

- Communiquer en interne pour assurer la cohérence des actions des employés et collaborateurs de l’association et pour développer l’esprit d’équipe et la motivation.

- Communiquer  en externe pour augmenter la notoriété et l’influence de l’association, pour sensibiliser autrui pour une cause, pour favoriser un changement social, pour attirer des usagers, collaborateurs, bénévoles,  donateurs et bailleurs de fonds et pour augmenter la transparence de l’association.

vendredi 20 juillet 2012

L’intégration du guichet d’insertion professionnelle de l’association AICEED dans le quartier Bani Makada (Auteur: AICEED)




Le Centre solidaire pour l’éducation et le sport Xics,  a été crée à Tanger en 2009 à l’initiative de la Fondation FCBarcelone. Il est situé au cœur du quartier populaire de Béni Makada, un quartier qui subit de très grands problèmes socio économiques infectant le tissu des  jeunes et des familles habitant ce quartier. C’est dans cette perspective que le centre, aujourd’hui géré par l’association AICEED,  a créé cet espace de proximité, d’orientation et de formation; un espace nommé  « guichet d’orientation et d’insertion professionnelle”. 
C’est à partir de janvier 2012 que l’Association AICEED intègre le réseau Incorporer et met en place son guichet d’orientation et d’insertion. Le principal but du centre au sein du réseau  est bien évidemment de faciliter l’accès  des jeunes de Béni Makada au marché de l’emploi et aux entreprises. Sa population cible : 


         Des jeunes âgés entre 15-35 ans
        Garçons et filles
      Personnes en  situation d’échec ou d’abandon scolaire
        Provenant de quartiers périurbains
        En situation socioéconomique précaire






Le guichet est opérationellement geré par deux personnes; la Technicienne d’Orientation Professionnelle  et la Technicienne d’Insertion Professionnelle Incorpora, répartissant leurs fonctions selon les services proposés par le guichet.

Les activités développées au sein du guichet sont les suivantes:

        Information et orientation 

La Technicienne d’Orientation Professionnelle accueille et informe  les jeunes bénéficiaires du centre.
Elle identifie les profils et compétences de chacun et recueille leurs demandes afin de pouvoir les orienter soit en interne pour des activités se déroulant au sein du centre soit en externe dans d’autres établissements ou associations.
        Appui à la recherche active d’emploi
Le guichet d’insertion, met en place des ateliers de renforcement de compétences pour les jeunes bénéficiaires des activités du centre ou plus largement du guichet.
Ces activités ont pour but d’améliorer les aptitudes professionnelles des jeunes, de compléter leurs bases d’apprentissage et de les préparer à la recherche d’un emploi via des ateliers de formation dans differents modules de formation à savoir :
        Estime de soi
        Technique de communication
        Attitudes et comportements dans le milieu de travail
        Motivation pour la recherche d'emploi
        Rédaction de cv
        Rédaction de lettre de motivation
        Création d’un réseau d’entreprises
La technicienne d’insertion est chargée de créer et de dynamiser un réseau d’entreprises potentiellement partenaires du centre et du réseau Incorporer permettant de recenser les offres d’emploi existantes et les types de profils requis, de les diffuser au niveau du réseau  et d’orienter les jeunes bénéficiaires du guichet en recherche d’emploi correspondant à l’offre.
Les entreprises sollicitées peuvent aussi collaborer à une action de sponsoring des activités du centre.
        Insertion professionnelle
En coordination avec 4 autres techniciens du réseau Incorpora, la technicienne d’insertion est chargée d’orienter et d’accompagner les jeunes demandeurs d’emploi dans leur itinéraires auprès des entreprises. Elle prépare le jeune à l’entretien d’embauche, elle assure le suivi une fois le recrutement effectué qui dure environ 6 mois et pourra, si nécessaire et à la demande du jeune ou/et  de l’entreprise, réaliser des actions de médiation.
        Formation professionnelle
Bilan
Depuis presque 6 mois, le guichet d’orientation et d’insertion présente  un vrai lieu de rencontre entre les jeunes de tous les quartiers de Tanger en géneral, et une plateforme de connexion avec les employeurs de la ville de Tanger.

vendredi 13 juillet 2012

Kit de sensibilisation pour l'accès aux droits des mères célibataires





L’association 100% Mamans dont le but est de favoriser l’accès aux droits civils, médicaux et économiques des mères célibataires et de leurs enfants, a édité en 2011 un kit de sensibilisation mis à votre disposition à travers les liens suivants : 

Présentationde l’association 100% Mamans
Guide de la procédure d'accès aux droits pour mères célibataires
Recueil méthodologique des interventions de 100% Mamans

Ce kit de sensibilisation a été crée dans le cadre du projet 100% Autonomes, financé par l’Union Européenne. La version écrite a été financée par la fondation Tibériade.

mercredi 11 juillet 2012

Caravane Emploi aux Jeunes




Depuis l’année 2010,  AmalJOB.com  essaie de donner une solution au déficit de communication entre le monde professionnel et le monde universitaire  à travers l’organisation de la caravane Emploi aux Jeunes, qui sillonne les principales villes universitaires du Maroc: Agadir, Marrakech, Fes, Oujda, Tanger, Rabat, Casablanca.   
 Des conférences et débats sur la thématique de l’emploi ont lieu dans le cadre de cette caravane, ainsi qu'un "salon emploi" qui sert d’espace de rencontre pour les entreprises et les jeunes, et encadre ces derniers à travers des ateliers divers : rédaction des cv, lettres de motivation, création d’entreprise…
Plus d’information sur le site www.emploiauxjeunes.com 

jeudi 5 juillet 2012

L’importance de l’éducation non formelle (Auteur: UNFM, Tanger)





Elaboré en 1997, le programme d’éducation non formelle connaît en 2001 une inflexion prenant appui sur les orientations et les rythmes fixés par  la Charte de l’éducation et de la formation.
L’objectif de généralisation de l’enseignement fondamental devient un objectif stratégique permettant d’agir en amont sur les flux des non scolarisés et des déscolarisés.
Les nouvelles perspectives en matière d’éducation non formelle se fondent sur les principes suivants (Ministère de l’Education nationale,  Education non formelle : bilan et perspectives, Premier séminaire national sur l’éducation non formelle, Février 2001) :
- Assurer l’éducation pour tous afin de contribuer à l’éradication progressive de l’analphabétisme;
- Contribuer à la généralisation de l’enseignement;
- Réinsérer les enfants bénéficiaires du programme dans les structures du système formel d’enseignement, la formation professionnelle ou les préparer à la vie active;
- Impliquer et mobiliser les organismes gouvernementaux, les organisations non gouvernementales et la société civile en général autour de l’objectif de l’éducation pour tous.
La population cible est composée d’enfants dont l’âge varie entre 8 et 16 ans, qui n’ont jamais fréquenté l’école ou qui l’ont abandonné très tôt. Une priorité est donnée aux enfants issus du milieu rural et périurbain, et notamment aux filles, aux enfants en situation de travail (artisanat, petit commerce, services, travail domestique, etc.), aux enfants en situation difficile et précaire (enfants de la rue, enfants en conflit avec la loi, etc.). Près d’un million  et demi d’enfants à l’âge de la scolarisation  sont non scolarisés ou déscolarisés, et plus de 250 000 élèves quittent l’école prématurément chaque année, soit un enfant sur trois est en dehors de l’école.
L’importance de l’éducation non formelle : Il s’agit sans doute de l’un des plus grands défis que doit relever le Maroc quant à la généralisation de l’école à tous les enfants de moins de 15 ans et à l’amélioration par la même occasion de son classement en matière de développement humain. Alors que le taux de scolarisation s’améliore d’année en année, celui de l’abandon scolaire reste inquiétant : plus de 300 000 enfants de moins de 15 ans  quittent l’école chaque année. Il n’est donc pas étonnant que ce sujet bénéficie d’une attention particulière des pouvoirs publics qui avaient lancé, en 1997, le programme d’Education non formelle (ENF). Mais, treize ans plus tard, le bilan reste tellement modeste que l’on doute de son efficacité. Toutefois,  l’effort accompli aura au moins permis à quelques 400 000 jeunes, dont 58% de filles, de bénéficier du programme ENF. Avant de dresser le dernier bilan de ce programme pour l’année 2009-2010, que la direction de l’éducation non formelle (DENF) vient de finaliser et qu’elle s’apprête à rendre public, il convient de donner une idée sur ce qu’est l’ENF et sur les enfants déscolarisés ou n’ayant jamais fréquenté l’école. L’UNESCO définit l’ENF comme «toute activité éducative organisée et durable qui ne correspond pas exactement à la définition de l’enseignement formel. L’enseignement non formel peut être donc dispensé, à l’intérieur comme à l’extérieur d’établissements éducatifs, à des personnes de tout âge». Côté chiffres, ce sont de 300 000 à 400 000 élèves qui quittent l’école chaque année. Un phénomène qui affecte les campagnes (80%) plus que les villes, et les filles (58,4%) plus que les garçons. Estimée à 6% des effectifs, cette déperdition scolaire annihile tous les efforts entrepris par le Maroc en matière de généralisation de la scolarité au niveau de l’école primaire : 93% des enfants entre 6 et 11 ans sont en effet scolarisés. 
Que fait l’Etat pour le million d’enfants de moins de 15 ans non scolarisés ou déscolarisés pour leur faire reprendre le chemin de l’école et lutter ainsi contre l’analphabétisme ? C’est le volet Education non formelle (ENF) qui répond à cette question.
 Le bilan de l’année 2009-2010 de l’ENF parle en effet de 38 197 enfants (sur le million de déscolarisés et de non-scolarisés) ayant bénéficié de ce programme, dont 19 038 filles et 19 159 garçons, 41% dans les villes et 59% dans les zones rurales. 
Le bilan note ainsi un accroissement de 15% par rapport à 2008-2009. Rappelons que le programme d’ENF est centré sur deux axes : primo, un travail préventif pour essayer d’apporter de l’aide aux élèves en difficulté scolaire ou ayant des problèmes sociaux afin de les sauver du redoublement et de l’abandon. Secundo, un travail curatif destiné aux élèves ayant abandonné l’école et qui trouvent une seconde chance dans le cadre de l’école informelle. Ces programmes de formation se réalisent dans des centres, plus ou moins correctement aménagés, soit dans les écoles publiques, soit dans des espaces propres aux associations ou dépendant d’autres partenaires (maisons de jeunes, centres communaux, …)
La philosophie de l'ENF consiste à corriger les travers d'une éducation formelle en désastre. Tout d’abord, en essayant d'arrêter le flux qui alimente le contingent des analphabètes, en identifiant les enfants qui risquent d'interrompre leur scolarité. Il s'agira alors d'un travail préventif touchant ceux qui ont des difficultés scolaires. Ensuite, il s'agira d'offrir aux enfants non scolarisés ou ayant quitté précocement l'école, dans le cadre d'un travail curatif, une deuxième chance dans le cadre de l'éducation non formelle, en vue de leur réinsertion scolaire ou de leur insertion professionnelle ou sociale. Objectif : travailler sur les causes qui font fuir les enfants de l'école pour les éloigner des comportements à risque (vagabondage, délinquance, exploitation dans le travail) et essayer d'en retenir le plus grand nombre.Le ministère de l'éducation nationale essaye, par le biais de l'ENF, de repêcher et de réintégrer dans l'éducation formelle ceux qui peuvent l'être parmi les enfants qui ont abandonné leur scolarité.

jeudi 21 juin 2012

Formation en outils de travail pour les associations du Réseau de Incorporer



Dans le cadre du renforcement des capacités des associations membres du réseau  Incorporer, quatre jours de formation ont été organisés aux mois de mai et juin  en partenariat avec l’association de la lutte contre le Sida (ALCS). Au cours de ces ateliers, les techniciens d’insertion professionnelle et les assistantes sociales des associations ont été formés sur différentes techniques de travail qui leur permettront de mieux accompagner leurs usagers vers l’emploi.

Mme Samira Abderahim, Responsable Formation ALCS et M. Mohamed Assafi, Responsable Administratif et Financier ALCS, ont animé les ateliers  Focus Groupe et Education par les pairs, dans l’objectif d’apporter aux techniciens de nouvelles méthodes afin d’améliorer la mobilisation et le suivi des usagers de leurs associations et de mieux comprendre leurs besoins. Aux ateliers Communication et Estime de soi l’accent a été mis sur les méthodes et les outils pouvant renforcer l’estime de soi et les capacités de communication chez les personnes en risque d’exclusion sociale, car il s’agit de deux capacités indispensables pour la réussite de l’insertion socio professionnelle. 

Ces quatre jours de formation ont été reproduits à Tanger par les Coordinateurs de Réseau Incorporer.

La coordination du Programme Incorporer désire remercier l’ALCS pour cette contribution désintéressée qui a véritablement enrichi notre programme de renforcement et qui contribuera sans nul doute à l’amélioration des processus d’insertion professionnelle des associations.

lundi 18 juin 2012

Enjeux majeurs du processus de réinsertion. Le processus de réinsertion des ex détenus démarre en prison. (Auteur: Association Relais)

L’institution qui a en charge l’exécution des peines au Maroc porte le nom de la « « Direction de l'Administration pénitentiaire et de la réinsertion ». Il est important de  souligner, en premier lieu,  l’amalgame que suscite cette appellation, puisque cette « Direction » se  charge en réalité de la préparation à la réinsertion, et non de la réinsertion elle-même ; en effet, sa mission s’arrête aux portes des prisons et la véritable tâche de la réinsertion requière des structures d’accueil de détenus sortants et de leur accompagnement dans le projet de réconciliation avec leur environnement social. Ceci dit,  il reste néanmoins vrai que la réinsertion perçue comme une politique de resocialisation fait son premier pas en prison par la modernisation et l’humanisation du système carcéral, passe par le renforcement de la prévention en milieu carcéral, le déploiement d’actions et de dispositifs de préparation à la sortie, et se relaye par un travail post carcéral basé sur la facilitation de l’insertion dans la vie sociale et la mise en place de structures/relais orientés vers l’insertion.

En principe, dans cette phase préliminaire (en amont du processus de la réinsertion), l’Administration pénitentiaire devrait  mettre davantage l'emphase sur les considérations de traitement plutôt que sur la sécurité et le contrôle social ; malheureusement, la traditionnelle fonction sécuritaire de la prison, qui fait appel à sa plus grande étanchéité, reste toujours de mise.

La conséquence majeure de cet amalgame entretenu et de ce double langage, est que la grande majorité des surveillants/éducateurs subissent le poids de l’écart entre les attentes affichées dans les rôles prescrits, d’un coté, et les tâches requises par les rôles tenus réellement. La présence simultanée d’ambiguïté et de conflit de rôles reflète un problème d’orientation de l’organisation quant à ses objectifs fondamentaux. Ils doivent participer à l’éducation des détenus, mais ils sont souvent confinés aux tâches de sécurité dans lesquelles ils doivent être distants avec ces mêmes détenus. Ils manquent de moyens et de temps pour effectuer leur nouvelle mission de réinsertion.

Ces difficultés et ces contradictions créent de l'ambivalence chez eux. Les gardiens se sentent isolés et stigmatisés par leur rôle fonctionnel au sein du système carcéral et ce sentiment d’exclusion atteint leur image et leur estime de soi. Ce sentiment de rejet affecte aussi leurs relations professionnelles et sociales. L’une des conséquences directes du conflit et de l'ambiguïté de rôles est qu’elle accentue l'orientation disciplinaire des gardiens et même leur tendance à la punition.

C’est vrai que la violence en prison est d’abord la violence de la prison : la privation de liberté, les interdits et les rapports de force qui opposent les détenus entre eux d’un côté et les détenus et gardiens de l’autre… Toutefois il faut aussi relever l’impact négatif de l’ambiguïté des rôles.

La prison a beau être un espace fermé, elle reste, néanmoins, un espace de rapports qui recèlent un système d’échanges et de réciprocité et les exigences du maintien de l’ordre supposent un minimum de pouvoir discrétionnaire qui intègre la coopération des détenus. L’objectif du traitement devrait intégrer un contrôle non punitif des détenus, une discipline détendue et des compétences techniques du personnel.

La conception issue d’un double souci de surveillance et d’éducation suppose un dosage subtil entre la prescription des règles formelles et impersonnelles valables pour tous et en toutes circonstances d’un côté, et la pratique qui se rapporte au caractère dynamique de la relation entre les surveillants et les détenus et à la nécessité de souplesse, d’adaptation et de coopération, de l’autre. Cette conception permettra d’asseoir le maintien de l’ordre et le traitement sur de nouvelles bases qui favorisera, chez les surveillants éducateurs la réhabilitation dans l’exercice de leurs fonctions et chez les détenus plus de chance de bénéficier d’un traitement adéquat, tout en créant les conditions favorables pour l’absorption des conflits par l’apaisement du climat en prison.

Afin d’aider à redéfinir la mission des surveillants éducateurs selon leurs nouvelles fonctions et leurs activités quotidiennes, la formation du métier de surveillant doit intégrer les relations avec les détenus et leur environnement.

En attendant qu’il y ait une véritable prise de conscience de l’importance cruciale de  cette réforme, les associations de la société civile qui  s’investissent dans les champs du poste carcéral, et qui continuent à  mener des actions visant à soutenir les missions de l’Administration pénitentiaire, entendues dans le sens de la préparation à la réinsertion des détenus, ne demandent qu’à prendre le bon relais pour la phase de l’accompagnement.

Association Relais