Ce blog est né avec l’intention d’être un espace dans lequel les entités sociales et les professionnels de l’insertion professionnelle puissent partager leurs expériences, accéder à des ressources utiles pour l’exercice de leur activités et établir un dialogue qui permet la conception conjointe de solutions visant à réduire l’injustice sociale par l’accès à un emploi digne par les personnes en situation d’exclusion sociale. Il est dynamisé par le réseau d’entités sociales du Programme Incorporer de « la Caixa » (www.incorpora.org).


Si vous désirez participer par la publication de votre expérience ou exposer une problématique, vous pouvez nous contacter par mail à l’adresse électronique suivante : incorporer@gmail.com .

vendredi 20 juillet 2012

L’intégration du guichet d’insertion professionnelle de l’association AICEED dans le quartier Bani Makada (Auteur: AICEED)




Le Centre solidaire pour l’éducation et le sport Xics,  a été crée à Tanger en 2009 à l’initiative de la Fondation FCBarcelone. Il est situé au cœur du quartier populaire de Béni Makada, un quartier qui subit de très grands problèmes socio économiques infectant le tissu des  jeunes et des familles habitant ce quartier. C’est dans cette perspective que le centre, aujourd’hui géré par l’association AICEED,  a créé cet espace de proximité, d’orientation et de formation; un espace nommé  « guichet d’orientation et d’insertion professionnelle”. 
C’est à partir de janvier 2012 que l’Association AICEED intègre le réseau Incorporer et met en place son guichet d’orientation et d’insertion. Le principal but du centre au sein du réseau  est bien évidemment de faciliter l’accès  des jeunes de Béni Makada au marché de l’emploi et aux entreprises. Sa population cible : 


         Des jeunes âgés entre 15-35 ans
        Garçons et filles
      Personnes en  situation d’échec ou d’abandon scolaire
        Provenant de quartiers périurbains
        En situation socioéconomique précaire






Le guichet est opérationellement geré par deux personnes; la Technicienne d’Orientation Professionnelle  et la Technicienne d’Insertion Professionnelle Incorpora, répartissant leurs fonctions selon les services proposés par le guichet.

Les activités développées au sein du guichet sont les suivantes:

        Information et orientation 

La Technicienne d’Orientation Professionnelle accueille et informe  les jeunes bénéficiaires du centre.
Elle identifie les profils et compétences de chacun et recueille leurs demandes afin de pouvoir les orienter soit en interne pour des activités se déroulant au sein du centre soit en externe dans d’autres établissements ou associations.
        Appui à la recherche active d’emploi
Le guichet d’insertion, met en place des ateliers de renforcement de compétences pour les jeunes bénéficiaires des activités du centre ou plus largement du guichet.
Ces activités ont pour but d’améliorer les aptitudes professionnelles des jeunes, de compléter leurs bases d’apprentissage et de les préparer à la recherche d’un emploi via des ateliers de formation dans differents modules de formation à savoir :
        Estime de soi
        Technique de communication
        Attitudes et comportements dans le milieu de travail
        Motivation pour la recherche d'emploi
        Rédaction de cv
        Rédaction de lettre de motivation
        Création d’un réseau d’entreprises
La technicienne d’insertion est chargée de créer et de dynamiser un réseau d’entreprises potentiellement partenaires du centre et du réseau Incorporer permettant de recenser les offres d’emploi existantes et les types de profils requis, de les diffuser au niveau du réseau  et d’orienter les jeunes bénéficiaires du guichet en recherche d’emploi correspondant à l’offre.
Les entreprises sollicitées peuvent aussi collaborer à une action de sponsoring des activités du centre.
        Insertion professionnelle
En coordination avec 4 autres techniciens du réseau Incorpora, la technicienne d’insertion est chargée d’orienter et d’accompagner les jeunes demandeurs d’emploi dans leur itinéraires auprès des entreprises. Elle prépare le jeune à l’entretien d’embauche, elle assure le suivi une fois le recrutement effectué qui dure environ 6 mois et pourra, si nécessaire et à la demande du jeune ou/et  de l’entreprise, réaliser des actions de médiation.
        Formation professionnelle
Bilan
Depuis presque 6 mois, le guichet d’orientation et d’insertion présente  un vrai lieu de rencontre entre les jeunes de tous les quartiers de Tanger en géneral, et une plateforme de connexion avec les employeurs de la ville de Tanger.

vendredi 13 juillet 2012

Kit de sensibilisation pour l'accès aux droits des mères célibataires





L’association 100% Mamans dont le but est de favoriser l’accès aux droits civils, médicaux et économiques des mères célibataires et de leurs enfants, a édité en 2011 un kit de sensibilisation mis à votre disposition à travers les liens suivants : 

Présentationde l’association 100% Mamans
Guide de la procédure d'accès aux droits pour mères célibataires
Recueil méthodologique des interventions de 100% Mamans

Ce kit de sensibilisation a été crée dans le cadre du projet 100% Autonomes, financé par l’Union Européenne. La version écrite a été financée par la fondation Tibériade.

mercredi 11 juillet 2012

Caravane Emploi aux Jeunes




Depuis l’année 2010,  AmalJOB.com  essaie de donner une solution au déficit de communication entre le monde professionnel et le monde universitaire  à travers l’organisation de la caravane Emploi aux Jeunes, qui sillonne les principales villes universitaires du Maroc: Agadir, Marrakech, Fes, Oujda, Tanger, Rabat, Casablanca.   
 Des conférences et débats sur la thématique de l’emploi ont lieu dans le cadre de cette caravane, ainsi qu'un "salon emploi" qui sert d’espace de rencontre pour les entreprises et les jeunes, et encadre ces derniers à travers des ateliers divers : rédaction des cv, lettres de motivation, création d’entreprise…
Plus d’information sur le site www.emploiauxjeunes.com 

jeudi 5 juillet 2012

L’importance de l’éducation non formelle (Auteur: UNFM, Tanger)





Elaboré en 1997, le programme d’éducation non formelle connaît en 2001 une inflexion prenant appui sur les orientations et les rythmes fixés par  la Charte de l’éducation et de la formation.
L’objectif de généralisation de l’enseignement fondamental devient un objectif stratégique permettant d’agir en amont sur les flux des non scolarisés et des déscolarisés.
Les nouvelles perspectives en matière d’éducation non formelle se fondent sur les principes suivants (Ministère de l’Education nationale,  Education non formelle : bilan et perspectives, Premier séminaire national sur l’éducation non formelle, Février 2001) :
- Assurer l’éducation pour tous afin de contribuer à l’éradication progressive de l’analphabétisme;
- Contribuer à la généralisation de l’enseignement;
- Réinsérer les enfants bénéficiaires du programme dans les structures du système formel d’enseignement, la formation professionnelle ou les préparer à la vie active;
- Impliquer et mobiliser les organismes gouvernementaux, les organisations non gouvernementales et la société civile en général autour de l’objectif de l’éducation pour tous.
La population cible est composée d’enfants dont l’âge varie entre 8 et 16 ans, qui n’ont jamais fréquenté l’école ou qui l’ont abandonné très tôt. Une priorité est donnée aux enfants issus du milieu rural et périurbain, et notamment aux filles, aux enfants en situation de travail (artisanat, petit commerce, services, travail domestique, etc.), aux enfants en situation difficile et précaire (enfants de la rue, enfants en conflit avec la loi, etc.). Près d’un million  et demi d’enfants à l’âge de la scolarisation  sont non scolarisés ou déscolarisés, et plus de 250 000 élèves quittent l’école prématurément chaque année, soit un enfant sur trois est en dehors de l’école.
L’importance de l’éducation non formelle : Il s’agit sans doute de l’un des plus grands défis que doit relever le Maroc quant à la généralisation de l’école à tous les enfants de moins de 15 ans et à l’amélioration par la même occasion de son classement en matière de développement humain. Alors que le taux de scolarisation s’améliore d’année en année, celui de l’abandon scolaire reste inquiétant : plus de 300 000 enfants de moins de 15 ans  quittent l’école chaque année. Il n’est donc pas étonnant que ce sujet bénéficie d’une attention particulière des pouvoirs publics qui avaient lancé, en 1997, le programme d’Education non formelle (ENF). Mais, treize ans plus tard, le bilan reste tellement modeste que l’on doute de son efficacité. Toutefois,  l’effort accompli aura au moins permis à quelques 400 000 jeunes, dont 58% de filles, de bénéficier du programme ENF. Avant de dresser le dernier bilan de ce programme pour l’année 2009-2010, que la direction de l’éducation non formelle (DENF) vient de finaliser et qu’elle s’apprête à rendre public, il convient de donner une idée sur ce qu’est l’ENF et sur les enfants déscolarisés ou n’ayant jamais fréquenté l’école. L’UNESCO définit l’ENF comme «toute activité éducative organisée et durable qui ne correspond pas exactement à la définition de l’enseignement formel. L’enseignement non formel peut être donc dispensé, à l’intérieur comme à l’extérieur d’établissements éducatifs, à des personnes de tout âge». Côté chiffres, ce sont de 300 000 à 400 000 élèves qui quittent l’école chaque année. Un phénomène qui affecte les campagnes (80%) plus que les villes, et les filles (58,4%) plus que les garçons. Estimée à 6% des effectifs, cette déperdition scolaire annihile tous les efforts entrepris par le Maroc en matière de généralisation de la scolarité au niveau de l’école primaire : 93% des enfants entre 6 et 11 ans sont en effet scolarisés. 
Que fait l’Etat pour le million d’enfants de moins de 15 ans non scolarisés ou déscolarisés pour leur faire reprendre le chemin de l’école et lutter ainsi contre l’analphabétisme ? C’est le volet Education non formelle (ENF) qui répond à cette question.
 Le bilan de l’année 2009-2010 de l’ENF parle en effet de 38 197 enfants (sur le million de déscolarisés et de non-scolarisés) ayant bénéficié de ce programme, dont 19 038 filles et 19 159 garçons, 41% dans les villes et 59% dans les zones rurales. 
Le bilan note ainsi un accroissement de 15% par rapport à 2008-2009. Rappelons que le programme d’ENF est centré sur deux axes : primo, un travail préventif pour essayer d’apporter de l’aide aux élèves en difficulté scolaire ou ayant des problèmes sociaux afin de les sauver du redoublement et de l’abandon. Secundo, un travail curatif destiné aux élèves ayant abandonné l’école et qui trouvent une seconde chance dans le cadre de l’école informelle. Ces programmes de formation se réalisent dans des centres, plus ou moins correctement aménagés, soit dans les écoles publiques, soit dans des espaces propres aux associations ou dépendant d’autres partenaires (maisons de jeunes, centres communaux, …)
La philosophie de l'ENF consiste à corriger les travers d'une éducation formelle en désastre. Tout d’abord, en essayant d'arrêter le flux qui alimente le contingent des analphabètes, en identifiant les enfants qui risquent d'interrompre leur scolarité. Il s'agira alors d'un travail préventif touchant ceux qui ont des difficultés scolaires. Ensuite, il s'agira d'offrir aux enfants non scolarisés ou ayant quitté précocement l'école, dans le cadre d'un travail curatif, une deuxième chance dans le cadre de l'éducation non formelle, en vue de leur réinsertion scolaire ou de leur insertion professionnelle ou sociale. Objectif : travailler sur les causes qui font fuir les enfants de l'école pour les éloigner des comportements à risque (vagabondage, délinquance, exploitation dans le travail) et essayer d'en retenir le plus grand nombre.Le ministère de l'éducation nationale essaye, par le biais de l'ENF, de repêcher et de réintégrer dans l'éducation formelle ceux qui peuvent l'être parmi les enfants qui ont abandonné leur scolarité.

jeudi 21 juin 2012

Formation en outils de travail pour les associations du Réseau de Incorporer



Dans le cadre du renforcement des capacités des associations membres du réseau  Incorporer, quatre jours de formation ont été organisés aux mois de mai et juin  en partenariat avec l’association de la lutte contre le Sida (ALCS). Au cours de ces ateliers, les techniciens d’insertion professionnelle et les assistantes sociales des associations ont été formés sur différentes techniques de travail qui leur permettront de mieux accompagner leurs usagers vers l’emploi.

Mme Samira Abderahim, Responsable Formation ALCS et M. Mohamed Assafi, Responsable Administratif et Financier ALCS, ont animé les ateliers  Focus Groupe et Education par les pairs, dans l’objectif d’apporter aux techniciens de nouvelles méthodes afin d’améliorer la mobilisation et le suivi des usagers de leurs associations et de mieux comprendre leurs besoins. Aux ateliers Communication et Estime de soi l’accent a été mis sur les méthodes et les outils pouvant renforcer l’estime de soi et les capacités de communication chez les personnes en risque d’exclusion sociale, car il s’agit de deux capacités indispensables pour la réussite de l’insertion socio professionnelle. 

Ces quatre jours de formation ont été reproduits à Tanger par les Coordinateurs de Réseau Incorporer.

La coordination du Programme Incorporer désire remercier l’ALCS pour cette contribution désintéressée qui a véritablement enrichi notre programme de renforcement et qui contribuera sans nul doute à l’amélioration des processus d’insertion professionnelle des associations.

lundi 18 juin 2012

Enjeux majeurs du processus de réinsertion. Le processus de réinsertion des ex détenus démarre en prison. (Auteur: Association Relais)

L’institution qui a en charge l’exécution des peines au Maroc porte le nom de la « « Direction de l'Administration pénitentiaire et de la réinsertion ». Il est important de  souligner, en premier lieu,  l’amalgame que suscite cette appellation, puisque cette « Direction » se  charge en réalité de la préparation à la réinsertion, et non de la réinsertion elle-même ; en effet, sa mission s’arrête aux portes des prisons et la véritable tâche de la réinsertion requière des structures d’accueil de détenus sortants et de leur accompagnement dans le projet de réconciliation avec leur environnement social. Ceci dit,  il reste néanmoins vrai que la réinsertion perçue comme une politique de resocialisation fait son premier pas en prison par la modernisation et l’humanisation du système carcéral, passe par le renforcement de la prévention en milieu carcéral, le déploiement d’actions et de dispositifs de préparation à la sortie, et se relaye par un travail post carcéral basé sur la facilitation de l’insertion dans la vie sociale et la mise en place de structures/relais orientés vers l’insertion.

En principe, dans cette phase préliminaire (en amont du processus de la réinsertion), l’Administration pénitentiaire devrait  mettre davantage l'emphase sur les considérations de traitement plutôt que sur la sécurité et le contrôle social ; malheureusement, la traditionnelle fonction sécuritaire de la prison, qui fait appel à sa plus grande étanchéité, reste toujours de mise.

La conséquence majeure de cet amalgame entretenu et de ce double langage, est que la grande majorité des surveillants/éducateurs subissent le poids de l’écart entre les attentes affichées dans les rôles prescrits, d’un coté, et les tâches requises par les rôles tenus réellement. La présence simultanée d’ambiguïté et de conflit de rôles reflète un problème d’orientation de l’organisation quant à ses objectifs fondamentaux. Ils doivent participer à l’éducation des détenus, mais ils sont souvent confinés aux tâches de sécurité dans lesquelles ils doivent être distants avec ces mêmes détenus. Ils manquent de moyens et de temps pour effectuer leur nouvelle mission de réinsertion.

Ces difficultés et ces contradictions créent de l'ambivalence chez eux. Les gardiens se sentent isolés et stigmatisés par leur rôle fonctionnel au sein du système carcéral et ce sentiment d’exclusion atteint leur image et leur estime de soi. Ce sentiment de rejet affecte aussi leurs relations professionnelles et sociales. L’une des conséquences directes du conflit et de l'ambiguïté de rôles est qu’elle accentue l'orientation disciplinaire des gardiens et même leur tendance à la punition.

C’est vrai que la violence en prison est d’abord la violence de la prison : la privation de liberté, les interdits et les rapports de force qui opposent les détenus entre eux d’un côté et les détenus et gardiens de l’autre… Toutefois il faut aussi relever l’impact négatif de l’ambiguïté des rôles.

La prison a beau être un espace fermé, elle reste, néanmoins, un espace de rapports qui recèlent un système d’échanges et de réciprocité et les exigences du maintien de l’ordre supposent un minimum de pouvoir discrétionnaire qui intègre la coopération des détenus. L’objectif du traitement devrait intégrer un contrôle non punitif des détenus, une discipline détendue et des compétences techniques du personnel.

La conception issue d’un double souci de surveillance et d’éducation suppose un dosage subtil entre la prescription des règles formelles et impersonnelles valables pour tous et en toutes circonstances d’un côté, et la pratique qui se rapporte au caractère dynamique de la relation entre les surveillants et les détenus et à la nécessité de souplesse, d’adaptation et de coopération, de l’autre. Cette conception permettra d’asseoir le maintien de l’ordre et le traitement sur de nouvelles bases qui favorisera, chez les surveillants éducateurs la réhabilitation dans l’exercice de leurs fonctions et chez les détenus plus de chance de bénéficier d’un traitement adéquat, tout en créant les conditions favorables pour l’absorption des conflits par l’apaisement du climat en prison.

Afin d’aider à redéfinir la mission des surveillants éducateurs selon leurs nouvelles fonctions et leurs activités quotidiennes, la formation du métier de surveillant doit intégrer les relations avec les détenus et leur environnement.

En attendant qu’il y ait une véritable prise de conscience de l’importance cruciale de  cette réforme, les associations de la société civile qui  s’investissent dans les champs du poste carcéral, et qui continuent à  mener des actions visant à soutenir les missions de l’Administration pénitentiaire, entendues dans le sens de la préparation à la réinsertion des détenus, ne demandent qu’à prendre le bon relais pour la phase de l’accompagnement.

Association Relais

jeudi 14 juin 2012

La réinsertion professionnelle chez les anciens consommateurs de drogue : Etude de cas Hasnouna. (Auteur ASSCMP Hasnouna)

La notion d'insertion renvoie en premier lieu au champ de l'action politique et sociale. Elle est apparue dans les années 70 dans le champ de la littérature sociologique.
L'insertion s'attache avant tout à définir le processus qui va conduire un individu à trouver sa place au sein de l'institution sociale, au sein d'une sphère sociale particulière. L'insertion sociale est davantage axée sur l'ensemble des démarches mises en œuvre par et pour l'individu dans le but de s'insérer. Ainsi, l'insertion peut se décomposer en plusieurs modalités selon le domaine sur lequel elle se porte. On parle, à ce titre, d'insertion professionnelle (dans le but de trouver un emploi et d'accéder ainsi au marché de l'emploi).

Au Maroc, l’ANAPEC est l’organisme public chargé de l’insertion professionnelle : il a développé plusieurs programmes tels qu’IDMAJ, MOUKAWALTI et TAEHIL. Parmi les populations marginalisées, les consommateurs de drogues ne figurent malheureusement pas parmi les catégories cibles des programmes gouvernementaux de l’insertion professionnelle.

La  problématique  de  l'Insertion  par  l’Activité  Economique des consommateurs de drogues  est  complexe  :  il  s'agit  de réintégrer, dans le fonctionnement social régulier, des personnes qui en ont été exclues (ou qui sont sur le point d’en être exclues). Mais  les  situations  de  chaque  individu  sont  d'une  diversité  infinie  et  leurs  particularités résident très fréquemment dans l'effet cumulatif des handicaps rencontrés. De  plus,  il  est  difficile  de  hiérarchiser  les  problèmes  et  généralement  ils  doivent  être envisagés et résolus simultanément.

Sur  la  totalité des personnes questionnées, aucune n’occupe un emploi. Rappelons que le taux de chômage de la  population générale  est d’environ 8,2%. Ainsi, il apparaît clairement que les personnes ayant eu une consommation problématique de drogues rencontrent des difficultés majeures pour accéder au marché du travail et trouver un emploi.  Ces difficultés reposent à la fois sur des causes similaires à d’autres populations en difficulté sur la question de l’emploi et sur des causes spécifiques aux parcours des consommateurs de drogues.

En l’absence d’une politique publique d’insertion professionnelle des consommateurs de drogues, l’Association de Soutien au Centre Médico-psychologique Hasnouna Tanger (ASSCMP Hasnouna) s’est trouvée dans l’obligation de trouver une alternative à ce problème qui menace la réalisation de ses objectifs. C’est ainsi que l’ASSCMP Hasnouna a intégré le Programme  d’insertion professionnelle INCORPORER de la Fondation « la Caixa » au profit des  consommateurs de drogues.

Après l’introduction des traitements de substitution, l’association a décidé d’implanter une cellule de réhabilitation et de réinsertion sociale. Cet axe, l’association le considère comme un axe prioritaire à développer et qui serait indissociable  des processus de soins entrepris au CMP. L’accompagnement à la réinsertion sociale par l’activité économique devrait consolider considérablement les traitements de sevrage et de substitution,  vu que l’insertion par l’emploi offre dans le cadre institutionnel actuel, une meilleure opportunité de participation sociale.  Pour cela, l’association va gérer un guichet de travail qui favorisera l’intermédiation professionnelle et le renforcement des capacités des usagers en vue de l’insertion dans le marché du travail. C’est dans ce cadre qu’opère le Programme Incorporer, qui promeut l’égalité des chances à l’accès à l’emploi aux personnes en situation d’exclusion sociale, à travers l’intermédiation professionnelle et la collaboration entre le tissu associatif et entrepreneurial afin de garantir une meilleure intégration des personnes en exclusion sociale dans l’activité économique.

Les résultats de la première année et la  première expérience de 2011 ont été très satisfaisants, dans la mesure où 21 personnes sur 70 inscrites au service d’insertion professionnelle ont pu accéder au marché d’emploi.

Les difficultés rencontrées concernent principalement le manque des ressources financières suffisantes pour assurer la formation et la qualification des bénéficiaires.

Due à une hausse du taux des bénéficiaires qui sont sous traitement de METHADONE, l’ASCMPH 2012  envisage  de nouvelles stratégies pour l’accès des consommateurs de drogues au marché d’emploi,  toujours dans le cadre du programme INCORPORER à partir  la formation professionnelle mais aussi à travers de l’auto emploi des  consommateurs de drogues et de l’insertion au sein des entreprises.

lundi 28 mai 2012

L’exclusion socio-économique des mères célibataires et l’expérience de l’association 100% mamans (Auteur: 100% Mamans)


La grossesse hors mariage est au Maroc une transgression de la norme culturelle, sociale et religieuse. Pour la mère et son enfant cela amène à des conséquences dramatiques immédiates : l’exclusion de la communauté, la marginalisation et la privation de leurs droits les plus élémentaires.

L’exclusion et la précarité des mères célibataires revêtent différentes dimensions, socio-économiques, juridiques et sanitaires, intrinsèquement reliées les unes ou autres.

D’un point de vue socio-économique,  la grossesse confirmée met les mères célibataires dans une situation de détresse extrême, qui se voit suivie alors d’une situation d’exclusion et de marginalisation progressives qui se traduit généralement par:
·       La migration de la mère célibataire hors de son contexte géographique et familial d’origine.

·       L’attitude de rejet du père biologique : Contraintes de réagir,  les mères célibataires informent dès le début, dans leur grande majorité, l’auteur de la grossesse. Ce dernier, le plus fréquemment, les rejette et fuit sa responsabilité.


·       Le rejet par le milieu social : La visibilité de la grossesse et la crainte de la réaction de la « société » amènent à des dommages collatéraux auprès de l’entourage et l’environnement des mères célibataires: le propriétaire du logement les rejette, les amies et les familles avec qui elles cohabitent les abandonnent.  Elles font l’objet de grandes pressions afin de les pousser à  interrompre leur grossesse ou, en cas de naissance, à abandonner l’enfant. Ces pressions viennent aussi bien de la famille, des amies, que du personnel hospitalier.

·       Le rejet par le milieu du travail : Qu’elles soient ouvrières, femmes d’ouvrage ou autres, la grossesse devient souvent un obstacle à la poursuite de leur activité professionnelle. Elles sont généralement congédiées sans préavis ni indemnités, et se retrouvent bien souvent sans les moindres économies pour l’avenir immédiat.

Elles se retrouvent, en définitive, sans soutien familial ni social durant cette période de grande vulnérabilité. 

Pour tenter de répondre à ces situations d’urgence et faire face à l’extrême marginalisation du collectif cible, l’association 100%Mamans a mis en place à Tanger à travers sa structure, un mode d’intervention intégrale de prise en charge, de suivi et d’accompagnement vers l’autonomisation et la réinsertion sociale des mères célibataires. Cette modalité de prise en charge se traduit par une reconstruction fondée sur deux itinéraires :
·       Un itinéraire de prise en charge et de responsabilité socio-éducative: La mise en place de cet itinéraire repose principalement sur l'accueil de la maman au sein du foyer d'accueil d'urgence. L'accueil dure quatre mois. Au cours de cette période, le foyer permet de travailler avec chaque bénéficiaire transversalement et en profondeur la construction  du lien mère - enfant, la construction de son identité de mère, sa revalorisation et sa responsabilité dans la définition et la mise en œuvre de son itinéraire.  

·       Un Itinéraire d’autonomisation et d’insertion professionnelle: Au cours de son processus de réinsertion sociale, une fois la situation d’urgence dépassée, un itinéraire d'autonomisation et d'insertion professionnelle est contractualisé avec chaque bénéficiaire par la technicienne d'insertion professionnelle et l'assistante sociale.

Quatre grandes options sont envisagées selon chaque situation :

·       Une insertion socioprofessionnelle directe de la mère qui implique la recherche d'un logement stable si elle a été résidente. 

·       Une formation et insertion socioprofessionnelle dans le cadre des modules proposés par l'association répondant aux conditions spécifiques des mères en termes de durée (formation de moins de 3 mois), de niveau d’apprentissage et de marché de l’emploi (forte demande des métiers hôteliers).

·       Une orientation vers une autre structure pour une formation et une insertion. 

·       Une orientation familiale qui garantit un logement stable et un soutien économique.

Afin de faciliter l’insertion professionnelle des mères célibataires tout en garantissant le renforcement du lien mère-enfant, l’association propose aussi un service de crèche jusqu’à l’âge scolaire permettant à la maman d’y laisser son enfant la journée de 7h à 20h.

Le service d’insertion professionnelle de l’association se charge de l’accompagnement de chaque maman dans son itinéraire vers l’emploi et pour cela, la technicienne travaille auprès d’un réseau d’entreprises collaboratrices afin de rapprocher au mieux  les conditions du marché de l’emploi aux conditions de vie des mères.